Zoot allures (1976)

zoot allures frank zappa

1 - Wind Up Workin' in a Gas Station 2:29
2 - Black Napkins [live] 4:15
3 - The Torture Never Stops 9:45
4 - Ms. Pinky 3:40
5 - Find Her Finer 4:07
6 - Friendly Little Finger 4:17
7 - Wonderful Wino 3:38
8 - Zoot Allures 4:12
9 - Disco Boy 5:11

"Zoot allures" parait en 1976. C'est le 21 ème album de Zappa en seulement dix ans d'activité. Mais tout de suite l'anecdote. Zappa utilise pour l'enregistrement de ce disque la guitare qu'Hendrix avait brûlé lors de cette scène devenue culte pendant le Miami Pop Festival en 1968.

Zappa récupéra la guitare en question et la fit réparer.

Idéal pour entrer dans l'univers rock de Zappa, "Zoot allures" épargne l'auditeur de sonorités et de mise en place trop avant-gardiste pour ne garder que l'essence même d'un hard-rock estampillé seventies.

"Wind Up Workin' in a Gas Station" donne le ton avec un morceau carré (survolé par des voix crétines mais c'est bien la seule chose que l'on peut lui reprocher).
On retrouve parmi les acolytes habituels, Terry Bozzio derrière les fûts, Napoleon Murphy Brock au saxophone, Captain Beefheart qui soufflera un peu dans son harmonica sur "Ms. Pinky".
Zappa se réserve bien sûr la guitare, la basse, la plupart des parties chantées et intervient au synthé.

Le blues langoureux de "Black Napkins" capté en live (Ozaka/Japon) freine l'ardeur du début mais déploie une série de solos orgiaques où Zappa donne le meilleur de lui-même.
Non moins langoureux, "The Torture Never Stops" s'étire sur près de dix minutes dans une ambiance lancinante et épurée entre couinements de guitare, voix ouatée du Zappa et gémissements féminins façon Gainsbourg époque "Love on the beat".

"Ms. Pinky" accroche l'auditeur avec une chanson en belle continuité avec la précédente puisqu'il s'agit de l'histoire d'une prostituée. L'ensemble tourne agréablement avec une ligne de basse simple et directive jouée par le maitre himself.

Le blues lent de "Find Her Finer" fait son petit effet même si il aurait gagné à être raccourci d'une petite minute. Zappa en profite pour coller des choeurs presque "doo-woop".
Très rock mais aussi très bordélique, "Friendly Little Finger" envoie du bois, même chose pour le gros râtisseur de riffs "Wonderful Wino" où une fois encore sur cet album, Zappa chuchote plus qu'il ne chante.
Puis il délaisse le rock pour entrer dans un univers sonore fait de claviers et de marimbas lancinants destinés à construire une nouvelle page jazz-rock avec le morceau-titre "Zoot allures".
Du rock, voire du hard-rock, encore, pour achever l'album, avec "Disco Boy", parsemé de voix rigolotes mais qui garde une trame accrocheuse tout du long.

"Zoot allures" est très agréable à écouter et constitue un des opus préférés des fans de Zappa.
Ceux qui adorent le côté très débridé de l'artiste en seront pour leur frais, "Zoot allures" étant résolument tourné vers le rock et ses affluents.
Cette petite dizaine de morceaux feront leur apparition sur des compils ou autres morceaux choisis dans la vaste discographie du Zappa.