Roxy by Proxy (2014)

Roxy by Proxy frank zappa

1 - Carved in the Rock 3:30
2 - Inca Roads 8:21
3 - Penguin in Bondage 5:52
4 - T'Mershi Duween 1:55
5 - Dog Breath Variations / Uncle Meat 4:13
6 - RDNZL 5:27
7 - Village of the Sun 3:24
8 - Echidna's Arf (Of You) 4:00
9 - Don't You Ever Wash That Thing ? 6:59
10 - Cheepnis - Percussion 3:53
11 - Cheepnis 3:35
12 - Dupree's Paradise 15:12
13 - King Kong / Chunga's Revenge / Mr. Green Genes 9:13

Ce "Roxy by Proxy" paru en 2014 fait écho à l'un des lives les plus appréciés du moustachu, le délicieux "Roxy and Elsewhere" paru juste 40 ans auparavant. On y trouve un peu pêle-mêle les titres qui ont fait la gloire de Zappa sur scène.

Enregistrés le 9 et 10 décembre 1973 au Roxy Theatre d'Hollywood, ces 13 morceaux ne furent donc disponibles sur disque qu'en 2014.
On y trouve la crème des musiciens qui entouraient Zappa à cette époque. George Duke (claviers), Napoleon Murphy Brock (saxo et flûte), Chester Thompson (batterie) pour n'en citer que quelques-uns. Bref du beau monde pour un moment magique.

Zappa commence à faire les présentations de chaque musicien sur "Carved in the Rock" qui exécute une petite démonstration de savoir-faire. Le moustachu entame ensuite un petit discours sur fond de musique inquiétante. Il finit par présenter le titre suivant, "Inca Roads".

Démarrage en douceur au clavier pour un jazz de bar enfumé. La suite est un bonheur de tous les instants avec un passage en lumière des instruments en présence. L'ambiance intimiste et confinée confère une magie supplémentaire à l'ensemble. Tout est bouclé en 7 minutes mais la fin du morceau est l'occasion pour Zappa de glisser encore quelques mots à son public. La suite, c'est le blues de "Penguin in Bondage". L'intro et les deux premiers couplets laissent vite augurer de ce que sera le ou les solos à suivre. Après un break assez long, la guitare prend la parole en premier. Le moment est bien sûr d'anthologie et marque profondément le titre d'une empreinte technique éprouvée.

"T'Mershi Duween" semble vouloir compresser un morceau de 4 minutes en moins de deux. Le résultat met la vitesse d'exécution au service d'un titre trépidant mais captivant.

Dans la série "deux pour le prix d'un" retrouvons "Dog Breath Variations / Uncle Meat". La première partie conquérante étincelle de milles sonorités. La seconde, plus réfléchie, persévère néanmoins dans ce foisonnement de sons. "RDNZL" est à la hauteur de nos attentes. Jazz dans l'âme, ce titre disponible sur "Studio Tan" défit l'apesanteur et montre des musiciens au summum de leur art. Un moment réjouissant qui s'arrête une minute avant le temps imparti promis, le temps que Zappa présente le morceau suivant.

"Village of the Sun" groovy à souhait. Pop mid-tempo avec un soupçon de jazz dedans, ce titre fait mouche et fait le lien avec "Echidna's Arf (Of You)" disponible aussi sur "You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 2" et "Roxy and Elsewhere". Ce bel instrumental rock fourmille d'idées et illustre bien la cohésion du groupe. Véritable sapin de Noël du disque.

La fête continue avec le splendide "Don't You Ever Wash That Thing ?" tonitruant dès le début. Zappa ne prend la parole qu'à la 3ème minute laissant le groupe s'exprimer. Feu d'artifice de cuivres et soutenu par une rythmique jazz incroyable, ce titre compte certainement parmi les 10 meilleures choses que Zappa a pu écrire, surpassant de très loin la version présente sur "You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 2".

Solo de percussion avec "Cheepnis - Percussion" avec une ligne de batterie conviviale puis "Cheepnis", tout en mouvements ordonnés et fébrilité assumée.
Très beau démarrage jazz sur "Dupree's Paradise" avec un piano Wurlitzer en mode groove jouissif. La section rythmique est juste à tomber. Ce superbe morceau justifie à lui seul l'achat de cette énième rondelle de Zappa en live.
Captivant de bout en bout, "Dupree's Paradise" est aussi à retrouver d'urgence sur "Make a Jazz Noise Here" et "The Road Tapes Venue 2" pour un vrai moment de plaisir sans cesse renouvelé.

Un triptyque de 10 minutes conclue cette captation live.
"King Kong" que l'on retrouve sur à peu près la moitié des live du sieur Zappa étale sa belle science musicale sur une partie groove emmenée par les cuivres et les claviers. Un poil plus calme "Chunga's Revenge" libère la guitare en lui donnant la parole. Enfin, moins connu et disponible sur "Uncle Meat", "Mr. Green Genes" conclue l'affaire.

Si vous ne deviez entendre qu'une seule fois Zappa en live, ce serait certainement avec cet album passionnant de bout en bout.

A posséder impérativement, que l'on soit fan de Zappa ou pas.