Halloween 81 (2020)

Halloween 81 frank zappa

CD1

1 - Chunga's Revenge 5:29
2 - The Finest Night Of The Year 3:04
3 - You Are What You Is 1:13
4 - You Are What You Is 3:45
5 - Mudd Club 2:52
6 - The Meek Shall Inherit Nothing 3:13
7 - Dumb All Over 5:42
8 - Heavenly Bank Account 4:05
9 - Suicide Chump 5:43
10 - Jumbo Go Away 3:52
11 - Envelopes 3:07
12 - Drowning Witch 8:46
13 - What’s New In Baltimore ? 3:47
14 - Moggio 2:45
15 - We’re Turning Again 5:03
16 - Alien Orifice 5:20

CD2

1 - Teen-age Prostitute 2:31
2 - Flakes 5:14
3 - Broken Hearts Are For Assholes 4:09
4 - The Blue Light 4:45
5 - Tinsel Town Rebellion 4:56
6 - Yo Mama 9:46
7 - Bobby Brown Goes Down 2:39
8 - City Of Tiny Lites 9:39
9 - We’re Not Gonna Stand For It! 1:53
10 - Strictly Genteel 7:29
11 - Dancin’ Fool 3:44
12 - Whipping Post 7:06

CD3

1 - Black Napkins 5:09
2 - “A Historical Event” 2:02
3 - Montana 3:47
4 - Easy Meat 6:50
5 - Society Pages 2:32
6 - I’m A Beautiful Guy 1:54
7 - Beauty Knows No Pain 2:55
8 - Charlie’s Enormous Mouth 3:39
9 - Fine Girl 3:13
10 - Teen-age Wind 3:01
11 - Harder Than Your Husband 2:34
12 - Bamboozled By Love 5:32
13 - Sinister Footwear II 6:55
14 - Stevie’s Spanking 6:09
15 - Commercial Break 1:55

CD4

1 - Cocaine Decisions 3:46
2 - Nig Biz 5:11
3 - Doreen 2:06
4 - Goblin Girl 1:49
5 - The Black Page #2 7:06
6 - Tryin’ To Grow A Chin 2:29
7 - Strictly Genteel 7:46
8 - The Torture Never Stops 11:48
9 - “The Real Show Keeps Going” 1:10
10 - Joe’s Garage 2:30
11 - Why Does It Hurt When I Pee ? 2:48
12 - The Illinois Enema Bandit 9:23
13 - “The Halloween Tradition” 2:32
14 - King Kong 11:07
15 - Auld Lang Syne 1:52

CD5

1 - Zoot Allures 7:17
2 - “The Last Of Our Halloween Shows” 2:59
3 - I’m The Slime 2:39
4 - Pound For A Brown 10:02
5 - Dave & Al 5:20
6 - Cosmik Debris 4:04
7 - Montana 3:47
8 - Easy Meat 7:39
9 - Dumb All Over 6:34
10 - Heavenly Bank Account 4:02
11 - Suicide Chump 5:42
12 - Jumbo Go Away 3:49
13 - Envelopes 2:55
14 - Drowning Witch 9:56

CD6

1 - What’s New In Baltimore ? 4:59
2 - Moggio 2:39
3 - We’re Turning Again 5:02
4 - Alien Orifice 5:13
5 - Teen-age Prostitute 2:34
6 - Sinister Footwear II 6:28
7 - Stevie’s Spanking 6:33
8 - Cocaine Decisions 3:40
9 - Nig Biz 5:05
10 - Goblin Girl 2:24
11 - The Black Page #2 8:24
12 - Whipping Post 7:17
13 - Broken Hearts Are For Assholes 4:08
14 - The Torture Never Stops 12:19

En premier lieu, Frank Zappa était fan de films de série Z, horreur et épouvante. Halloween était pour lui le moment rêvé pour donner un concert, le plus souvent devant des fans déguisés pour l'occasion.
Le 31 octobre 1981, il donne deux concerts, le premier à 20 heures et le second à minuit. Il jouera aussi le 1er novembre.

Les 6 disques (86 titres pour 6h57) que voici, récapitulent ces 3 concerts au Palladium de New-York.
Pour les fans pur et durs, l'éditeur a rajouté dans ce coffret un masque de Frank Zappa grimé en Dracula qui devient donc le comte Frankula et une cape pour se déguiser.

CD1

Bon gros son en ouverture avec cette version de "Chunga's Revenge" tout droit issue de l'album du même nom. La guitare qui fait son entrée plus tard est nerveuse, avec un son noueux doté d'une grosse saturation, presque métal. Pour suivre cette belle entrée en matière, la formation envoie ensuite "The Finest Night Of The Year", parenthèse où Zappa nous sort un petit discours maison en présentant ses musiciens sur fond de musique d'attente.

Petit teaser de "You Are What You Is" interrompu brutalement avant de le retrouver juste après, dans sa version complète, puissante et ambitieuse. Suit, "Mudd Club" issu du même album. Reggae ensoleillé, ce titre parle d'une boite de nuit de New-York où officièrent entre autres de 1978 à 1983, David Bowie, Les Cramps et Sonic Youth.

De facture "comédie musicale", "The Meek Shall Inherit Nothing" possède des qualités fédératrices indéniables. Le petit passage reggae en fin de parcours est là pour en témoigner.
Zappa continue de dérouler le track-listing de "You Are What You Is" avec "Dumb All Over". Plus groovy que la version studio, cette mouture affiche ce même chant limite rap et cette rythmique rebondissante. Beau solo rock sur la fin. On continue plus ou moins dans ce registre avec "Heavenly Bank Account", aux airs de revue de cabaret. Zappa se comporte comme une charmante meneuse avec le final qui va bien en de telles circonstances.

On continue le déroulement de "You Are What You Is" avec un blues tout ce qu'il y a de plus classique "Suicide Chump". Comme dans ce genre de manoeuvre, les instruments se succèdent en première ligne, puis le chant reprend l'offensive pour le couplet final. "Jumbo Go Away" prend des dimensions progressives en live. La partie psyché complexe du milieu a été conservé et est restituée avec brio sur scène.

Le petit intermède inquiétant "Envelopes" provient de "Ship Arriving Too Late To Save A Drowning Witch". Plutôt de facture contemporaine, le titre tranche sur ce qui précède en instaurant un climat moins festif.
L'exploration de cet album de 1982, donc pas encore sorti à l'époque du concert, continue avec "Drowning Witch" qui démarre en mode soul plutôt agréable mais qui vire vite au théâtral avec une partoche aux multiples rebondissements. La difficulté à restituer cette pièce (raccourcie de 4 minutes environ en live) ne se perçoit pas à l'écoute.

Dans une veine plus expérimentale, "What’s New In Baltimore ?", issu de "Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention", offre un beau solo en final sur une rythmique dominée par le piano. Sans transition aucune, le titre bascule sur un autre, "Moggio" qui clôture par ailleurs "The man from utopia" à la manière d'un générique de jeu télévisé un peu daté.

"We’re Turning Again" sorti de "Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention" est un petit régal d'ironie mis en musique avec brio. Les cascades de riffs donnent envie d'en savoir plus sur l'album, où un certain Steve Vai y faisait ses débuts en 1985.
Fin de la première partie avec "Alien Orifice", heureusement dépourvu de paroles qui envoie son petit jazz l'air de rien. Le groupe fait bloc autour de la guitare pour un solo magique.

Zappa couche en live quelques morceaux d'albums pas encore parus pour notre plus grand plaisir.
Le passage du studio à la scène se fait tout naturellement, comme si sa musique était de base faite pour çà.

CD2

Hésitant entre rock franc et envolées sauvages, le très jouissif "Teen-age Prostitute" refermera "Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch" en 1982. Reculons maintenant jusqu'en 1979 et l'album "Sheik Yerbouti". L'imitation de Bob Dylan est peut-être moins flagrante que sur l'album studio. Toutefois, la folie ambiante, due à une partition ambitieuse, fait toujours son petit effet sur "Flakes". Toujours exhumé du même album, "Broken Hearts Are For Assholes" rode un rock qui se grime en jazz sur les refrains. Bonne humeur et harmonie vocale au programme.

Théâtral et compliqué, "The Blue Light" supporte bien le passage du studio à la scène. Sorti de "Tinseltown Rebellion", "The blue Light" est un vrai petit bijou ciselé pour en obtenir un nombre de faces ahurissant.

Poursuivons avec "Tinsel Town Rebellion" bien barré dans tous les sens du terme, démesurément grandiose, avec un final de cadeau surprise. Revenons maintenant à "Sheik Yerbouti" avec le titre "Yo Mama" qui cumule à près de 10 minutes. Quasi instrumental foisonnant qui laisse la part belle à la guitare, le morceau est un peu plus court que sa version studio. Il est aussi l'occasion de présenter les musicos en place.

Petite ballade tranquille sur "Bobby Brown Goes Down" gentiment déclinée en choeurs, puis "City Of Tiny Lites" toujours sorti de "Sheik Yerbouti" qui compte 18 morceaux, donc de quoi largement puisé dedans. Avec une durée presque doublée par rapport à l'original de près de 10 minutes, le morceau fait assaut d'un rock barbare. A l'inévitable solo fleuve de guitare s'oppose un moment vocal soliste plus soul mais tout autant méritant. Une belle pièce à écouter avec plaisir.

Petite aparté parlée sur "We’re Not Gonna Stand For It!" puis Zappa envoie "Strictly Genteel" qui ouvre "Orchestral Favorites" paru en 1979. Entre musique de fond circassienne et générique de série des années 80, cet instrumental aux reflets de musique contemporaine est aussi l'occasion pour Zappa de citer à nouveau ses musiciens.

"Dancin’ Fool" survitaminé, véritable boite à surprises et son refrain accrocheur précède le dernier titre de cette deuxième galette "Whipping Post". Cette dernière salve concluera trois ans plus tard l'excellent "Them Or Us". Cette reprise blues-rock du groupe The Allman Brothers fait toujours son petit effet.

Poursuivons maintenant en explorant le 3ème disque retraçant le second concert au Palladium le 31 octobre 1981.

CD3

Revenons jusqu'en 1976 et "Zoot Allures" où l'instrumental "Black Napkins" figurait déjà en live. Ce titre a été repris sur la plupart des enregistrements en public du Zappa. Le blues terreux de "Black Napkins" prend forme dans le solo qui parcourt tout le morceau d'une onde électrique frémissante. 5 ans après, pour ce second show au Palladium de New-York, le 31 octobre 1981, la chose a vieilli comme le bon vin. Petit discours de Zappa sur "“A Historical Event”" pour expliquer que le concert est filmé, présentation des musiciens, puis l'ensemble enchaine sur "Montana" qui en 1973, referme "Over-Nite Sensation". Cette version live amputée de près de 3 minutes conserve ses belles parties de vibraphone ainsi que ses choeurs éclairés de l'intérieur.

"Easy Meat" pourrait être qualifié de jazz-rock si Zappa ne détestait pas cette expression. Ramené de 9 à 7 minutes, ce grand titre présent sur "Tinseltown Rebellion" sorti la même année que ce concert est encore tout chaud. Véritable feu d'artifice sonore, ce "Easy Meat" est un pur régal auditif.
Nerveux et court, le tour à tour rock puis reggae "Society Pages" issu de "You Are What You Is" donne un second souffle à ce début de deuxième show.
Les morceaux se raccourcissent encore, comme "I’m A Beautiful Guy", jazz déglingué de moins de 2 minutes.
"Beauty Knows No Pain" morceau fourre-tout tout en nuance et revirement de situation, toujours sorti de "You Are What You Is" brille de multiples influences, du rock au reggae en passant par la musique contemporaine. Incroyable de voir tout ce que peut contenir un titre de Zappa de moins de 3 minutes.

"Charlie’s Enormous Mouth" est une petite chanson pop chantée à plusieurs. Plutôt conventionnel, ce titre provient aussi de "You Are What You Is" qui, du haut de ses 20 titres, semble être une source intarissable. Immersion dans un gentil reggae avec "Fine Girl". Insouciance, soleil sur la scène et une voix très haut perchée en contrechant.

Poursuite des hostilités avec "Teen-age Wind" tout en break vocaux et impressionnant de maîtrise qui ouvre par ailleurs "You Are What You Is" la même année. En forme de sitcom des années 80, "Harder Than Your Husband" envoie sa petite ritournelle country/variétoche avec bonhomie.
Rien de quoi effrayer le chaland.

En revanche, "Bamboozled By Love" a de quoi exciter les papilles tympaniques avec un blues terreux façon Hendrix ou Rory Gallagher. Le solo de guitare boueux du milieu de parcours confirme cette impression de lourdeur avec parfois, quelques traits aériens de claviers. Une belle réussite.
Belle accroche également sur "Sinister Footwear II" qui se retrouvera sur "Them or Us" en 1984. La chose est écourtée de deux minutes environ car elle atteindra près de 9 minutes sur l'album studio. Cette suite instrumentale progressive aux forts accents jazz déploie des trésors d'ingéniosité tout au long d'une partition difficile et exigeante.

Résolument rock, "Stevie’s Spanking" qui atterrira aussi sur "Them or Us" confirme la bonne teneur en rock de cette fin de galette. Duel de guitare et chant uppercut au programme.

Pour finir ce troisième tome, "Commercial Break" enregistre les cris d'un (d'une ?) fan hystérique en arrière plan sous les commentaires de Zappa.

Tout de suite la suite sur le quatrième opus.

CD4

Entrée en matière tranquille et rectiligne avec "Cocaine Decisions" qui ouvrira "The man from utopia" en 1983. Les musiciens trouvent le temps de faire les andouilles en plaçant des petites notes rigolotes comme celles de la chanson "Joyeux anniversaire". Toujours sans transition, comme très souvent dans les lives de Zappa, le morceau suivant arrive sans même une demi-pause.
Il s'agit d'un blues tout ce qu'il y a de traditionnel avec un "Nig Biz" envoyé à l'ancienne avec solo de guitare et fin classique.

Extrait de "Doreen" pris sur "You Are What You Is" et amputée de plus de la moitié. Qu'importe. L'énergie est là et le chant partagé entre tous témoigne d'une belle harmonie. Petit reggae tranquille avec "Goblin Girl" juste avant de s'envoyer "The Black Page #2", un des titres les plus complexes que Zappa ait jamais écrit. Le morceau s'allonge en live et prend par exemple 2 minutes de plus par rapport à la version présente sur "Zappa in New-York " en 1978. Le titre sera repris sur de nombreux albums en concert, parfois même sous d'autres noms selon les variantes apportées par Zappa ("The Easy New York Teenage Version").

Disponible aussi en live sur "You Can't Do That on Stage Anymore Vol.6", "Tryin’ To Grow A Chin" dévie la trachée du premier rang avec un titre rageur et enlevé mais malheureusement un peu trop court.
Instrumental très symphonique, "Strictly Genteel" terminera 6 ans plus tard sur "London Symphony Orchestra Vol.2". Très classique dans sa facture, ce titre empreint de cuivres et de conquêtes reste un joli moment où Zappa va en profiter pour citer ses musiciens et saluer son public.

Grand classique des lives de Zappa, "The Torture Never Stops". Plus tortueux encore que sa version studio en 1976 ("Zoot allures"), ce morceau au long solo de guitare trouvera tout naturellement sa place sur de nombreux lives. "The Best Band You Never Heard In Your Life , "You Can't Do That on Stage Anymore Vol.4", "FZ:OZ", ...

Zappa relance la dynamique de la machine avec "The Real Show Keeps Going", puis enquille un extrait de "Joe’s Garage" avec le morceau titre "Joe’s Garage" ramené de 6 à 2 minutes. La démesure du titre demeure mais se retrouve compressée sur trop peu de temps. Voilà un titre qui aurait mérité de figurer en entier.

Dans la continuité, Zappa se demande pourquoi les gens sont choqués quand il va au petit coin sur "Why Does It Hurt When I Pee ?". La chose est suffisamment rock pour tenir en haleine un peu moins de 3 minutes.
Retour vers "Zappa in New-York" pour un blues terreux "The Illinois Enema Bandit". Le solo géant du milieu tient presque toute la place, même si plus de 3 minutes manquent à l'appel en regard du titre original. Le groupe s'amuse sur la dernière partie, avec des couinements de canards qui déclenchent quelques fous rires chez Zappa.

Petit intermède parlé où Zappa remercie le public d'être venu mais surtout de revenir l'année prochaine.
Il annonce ensuite un grand classique, "King Kong" que l'on retrouvera sur la quasi-totalité des lives du bonhomme ("Hammersmith Odeon", "Carnegie Hall", "The Road Tapes Venue 3") dans de multiples versions. Celle-ci débute par un reggae qui creuse un sillon de plus en plus rouge. Le solo de guitare casé tout près de la fin sonne quasiment métal au milieu du miel de ce rythme à 4 temps, dont les temps faibles sont rehaussés d'attaques en règle de l'équipe rythmique basse/batterie.

"Auld Lang Syne", cover de "Ce n'est qu'un au revoir", termine ce 4ème opus riche en événements de toutes sortes.

CD5

Ouverture de ce cinquième opus avec le fabuleux "Zoot Allures" qui ouvre le concert du 1er novembre 1981. Instrumental au jazz lent, cette version offre 3 minutes supplémentaires par rapport à celle enregistrée en studio. Beau moment magique comme suspendu pour ouvrir ce concert.

Intervention parlée de Zappa sur "“The Last Of Our Halloween Shows”" pour, entre autres, présenter ses musicos.
Retour vers "Over-nite Sensation" avec le très riche "I’m The Slime" concentré sur moins de 3 minutes. Pourtant ces deux minutes et 39 secondes semblent illuminées par un feu intérieur fait de malice et de gouaille.
La suite c'est "Pound For A Brown" tiré de "Uncle Meat" dans une version instrumentale très étendue. Sur une base de reggae, chacun s'exprime à sa manière dans de longs solis. Le clavier commence, relayé par la guitare à l'aube de la 6ème minute. Résultat, un plaisir d'écoute immense, qui gagne en plus en détail à chaque nouvelle écoute.

Long discours sur fond de reggae et interaction avec le public sur "Dave & Al". Un exercice un peu long que les plus curieux écouteront d'une oreille attentive afin d'en capter toute l'essence.
Grand classique du Zappa, "Cosmik Debris" repris de "Apostrophe" ouvragé à l'ancienne puis "Montana" virtuose mais amputé de près de la moitié. "Easy Meat" tiré de "Tinseltown Rebellion" est tout neuf à l'époque. Le long solo rugit en son extrémité, les autres instruments étant aussi en mode solo. D'un abord assez complexe car dépourvu de sens rythmique pour le commun des mortels, ce long épisode reprend des airs conquérants en fin de parcours grâce à un synthé qu'on qualifierait aujourd'hui de pompier.

Avec sa boucle rythmique qui semble ne jamais finir "Dumb All Over" séduit plus en concert qu'en studio. Cette version lumineuse est aussi due aux guitares incisives qui apportent leur touche rock, voire hard-rock à l'ensemble. Beau final destructuré.
Morceau de fin de soirée variétés télévisée, "Heavenly Bank Account" invite à reprendre en choeur le refrain répété à l'envi. Final quasi gospel afin de resserrer les liens. Suit "Suicide Chump", blues classique qui double sa durée en live pour mieux en profiter. Solo de guitare, de clavier, puis encore de guitare, de saxophone puis reprise du chant. Classique mais efficace.

"Jumbo Go Away" commence comme un générique de dessin animé puis prend une voie expérimentale avec un exercice compliqué au vibraphone. En arrière plan, une voix crie son désespoir d'avoir raté son avion.

Avant de finir, nous avons droit à "Envelopes" toujours aussi inquiétant depuis que nous l'avons entendu sur le premier disque. Suit "Drowning Witch", lui aussi déjà entendu dans l'opus 1. Ce véritable petit opéra de près de 10 minutes fait défiler les ambiances, du baroque au rock, notamment sur la longue partie solo de la six cordes.

Passons maintenant au dernier tome.

CD6

Pour ce dernier tome, l'ouverture se fait avec "What’s New In Baltimore ?" entendu sur le premier disque. Ce bel instrumental tout en paillettes distille une belle ambiance jazz rock. Le solo de guitare ouvert sur un ciel bleu apporte de l'air vif à l'ensemble. "Moggio" entendu aussi sur le premier disque fait son retour dans sa formule générique de jeu télévisé. Ce jazz instrumental, qui impose un tempo très rapide, est un petit millefeuille de plaisir à déguster seul, en égoïste.

Semblant tout droit sorti du Muppets Show, "We’re Turning Again" attendra 4 années supplémentaires pour atterrir sur "Frank Zappa Meets the Mothers of Prevention". En attendant, profitons de la bonne humeur de ce titre ensoleillé à point.
Un peu de jazz cool avec "Alien Orifice" qui porte décidément mal son nom, également entendu en début de coffret sur le disque 1. Le côté liquide et propre du clavier est bien vite remplacé par celui, plus salace, de la guitare de Zappa dans une partoche hallucinée. Le soutien apporté par le clavier démultiplie la puissance de la six cordes. Très joli moment.

Très puissant mais trop court "Teen-age Prostitute", qui continue à monter et à descendre des montagnes russes sous des déluges de notes, puis "Sinister Footwear II" déjà entendu sur le disque 3. Bel instrumental jazz lent et aux allures parfois majestueuses, cet extrait de "Them Or Us" installe un climat cosy. Ensuite, le hard-rock s'installe durablement avec "Stevie’s Spanking" et une partoche de guitare hallucinatoire jouée par Steve Vaï. La chose apparait aussi sur d'autres lives "The Dub Room Special !" en 2007 ou encore sur "Make a Jazz Noise Here" en 1991. "Cocaine Decisions", un poil terne, fait retomber quelque peu l'ambiance. Toutefois, ses claviers, même un poil pompier, arrivent à faire décoller le titre.
Passons maintenant au blues avec "Nig Biz", qui sera aussi repris sur le live " You Can't Do That on Stage Anymore Vol.3". Après un peu de chant, dans une formule tout ce qu'il y a de plus classique, le morceau enchaine les solos, guitare, saxophone dans un bel engouement d'ensemble.

"Goblin Girl" susurre un reggae où des rires étouffés viennent s'attacher. Ce trait d'humour potache précède l'excellent "The Black Page #2", l'un des morceaux les plus aboutis du Zappa. Complexe à l'extrême, cet instrumental de luxe évolue au rythme de la batterie, pour laquelle Zappa a composé le titre.
Très beau moment suspendu, avec des instruments et des musiciens virtuoses.

Une fois n'est pas coutume, le groupe s'offre une reprise, "Whipping Post" issue du répertoire des Allman Brothers. La partie solo de guitare reste un grand moment soutenu par l'orgue Hammond. Pour conclure, un final, interminable, comme on les aime.
Avant de terminer ce voyage musical, écoutons encore le magique "Broken Hearts Are For Assholes" vaste compromis entre jazz et rock, puis enfin le dernier titre du dernier disque qui résonne comme une prophétie, "The Torture Never Stops", grand classique parmi les classiques présents sur la quasi totalité des lives du moustachu. Tour à tour blues, puis jazz puis encore beaucoup d'autres choses, ce titre ne pouvait pas mieux convenir pour clore ces quasi 7 heures en compagnie de Zappa.

Inutile de rallonger encore cette chronique avec une conclusion. Le mieux reste de se plonger dans cette malle au trésor afin d'y dénicher ce que nous sommes tous venus y chercher.

Des souvenirs.