Chicago'78 (2016)



Chicago'78 frank zappa

Disque 1

1 - Chicago Walk-On 1:20
2 - Twenty-One 8:26
3 - Dancin' Fool 3:29
4 - Easy Meat 5:41
5 - Honey, Don't You Want a Man Like Me ? 4:21
6 - Keep It Greasy 3:41
7 - Village of the Sun 9:15
8 - The Meek Shall Inherit Nothing 3:29
9 - Bamboozled By Love 8:32
10 - Sy Borg 4:27

Disque 2

1 - Little House I Used to Live In 9:37
2 - Paroxysmal Splendor (includes: FZ & Pig/I'm a Beautiful Guy/Crew Slut) 7:14
3 - Yo Mama 12:28
4 - Magic Fingers 2:37
5 - Don't Eat the Yellow Snow 18:36
6 - Strictly Genteel 8:25
7 - Black Napkins 8:01

Encore un concert exhumé de la fameuse malle aux trésors "The Vault".
Produit par la veuve Zappa, "Chicago '78" retrace le live complet ayant eu lieu le 29 septembre 1978 à l'Uptown Theatre de Chicago.
Une jolie poignée de titres pour quasiment 2 heures d'écoute.
D'avis des spécialistes, ce double live est une pure merveille.
Allons vérifier cela immédiatement !

"Chicago Walk-On" initie le mouvement en chauffant les instruments, puis "Twenty-One" démarre dans déjà une débauche façon solo de guitare à la Zappa. Après une légère pause, où la guitare se tait, l'histoire reprend sur une autre tonalité et continue sa route. Le jeu se calme à l'aube de la 7ème minute pour laisser parler Zappa. Celui-ci présente le spectacle à venir en expliquant qu'il sera différent de d'habitude. Sorti de "Sheik Yerbouti", "Dancin' Fool" fait onduler le mouvement avec son refrain contagieux. Dans le même morceau, le blues et la pop se côtoient comme si ils avaient toujours été amis de longue date.
Toujours étonnant d'entendre un titre de Zappa au format "conventionnel". C'est si rare.

Ensuite, nous avons droit à "Easy Meat" que l'on retrouvera trois ans plus tard sur "Tinseltown Rebellion". Rock dans l'âme, ce morceau se tisse autour des riffs de gratte puis plante au milieu un solo géant autour duquel les autres instruments viennent se coller. Joli moment de pur rock, du Zappa rock comme on l'aime.

Disponible aussi sur "Zappa In New-York", "Honey, Don't You Want a Man Like Me ?" roule des mécaniques à l'ancienne sur un rythme heurté. Stimulant et inventif, le titre respire la joie de jouer et l'envie d'être là.
D'inspiration rythm'n blues, "Keep It Greasy" affleure à la surface. En provenance de "Joe’s Garage" le morceau est un petit plaisir rythmique efficace comme on en a pas énormément dans la discographie du moustachu.
Grand projet signé "Village of the Sun" existant aussi sur "You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 2" mais dans une version moitié moins longue. Le titre commence comme de la soul plutôt cool et détendu du riff. La seconde moitié du morceau est occupée par un grand solo de guitare du maître moustachu en grande forme.

"The Meek Shall Inherit Nothing" tiré du très facile d'accès "You are what you is" oscille entre ballade vaguement country et s'autorise même un reggae sur la fin. Sympathique mais sans plus.
Le blues "Bamboozled By Love" viendra aussi occuper les sillons de "Tinseltown Rebellion" en 1981 mais dans une version raccourcie. La version présente dépasse les 8 minutes d'un blues très marqué par la patte Hendrix. Pas de véritable surprise à l'arrivée sinon un titre tout ce qu'il y a de plus basique. Le premier disque se referme avec le très sérieux "Sy Borg", reggae jazz classieux enprunté à "Joe’s Garage" dans une version ramenée de plus de 8 minutes à moins de 5.

Le clavier sonne toujours aussi kitsch mais l'ambiance luxueuse cède le pas notamment lors du splendide solo de celui-ci.

La seconde galette démarre avec un extrait de "Burnt Weeny Sandwich", "Little House I Used to Live In". Ce morceau curieux tient autant de la musique contemporaine que du jazz. Les cuivres y tiennent une place prépondérante ainsi que le clavier. Au travers des nombreux changements de direction et de rythme, la chose reste plaisante à écouter, trouvant de la fluidité dans ce chaos savamment organisé (ce qui est un pléonasme, le chaos est forcément organisé !). Un solo de batterie clôture cette session de près de 10 minutes. "Paroxysmal Splendor" poursuit l'aventure avec 3 titres en un. Une petite bluette façon cabaret parisien ("I'm a Beautiful Guy" à écouter aussi sur "You are what you is") puis le morceau vire au free jazz avec un solo de guitare furieux. Cette partie-là correspond à "Crew Slut" tiré de "Joe’s Garage" décidément bien présent sur ce live.

"Yo Mama" qui clôt "Sheik Yerbouti" en 1979, trouve là des marques live intéressantes. Essentiellement instrumental, le titre donne la parole à la guitare de Zappa qui prend le temps de se poser au cours de ces presque 13 minutes. Un morceau qui laisse la part belle à l'aventure, avec un instrument qui exploite toutes ses possibilités physiques et sonores.

Petite fulgurance pop avec "Magic Fingers" que l'on retrouve en version plus longue sur "200 motels" puis le plus long titre du disque, "Don't Eat the Yellow Snow" qui culmine à plus de 18 minutes. Tiré de "Apostrophe", le titre déploie ses ailes et passe de 2 minutes et 7 secondes à 18 et des poussières.
Blues sur 2 tons comme les voitures des années 50, le morceau se traine en langueur en se teintant par à-coup d'élans comtemporains au clavier. Passé la 10ème minute, tout s'emballe pour rejoindre un exploit de vitesse bien défini, parsemé de rythmes latins endiablés. Pour clore l'affaire, Zappa présente ses musiciens en guise de final.

Comme beaucoup d'autres titres, "Strictly Genteel" se retrouve sur des albums différents. Par exemple, sur "200 motels" puis aussi sur le "London Symphony Orchestra, Vol. 1".
Sur un air un poil martial, le titre se déroule tranquillement, jouant la profondeur. Très appliqué, "Strictly Genteel" ne décolle jamais vraiment mais reste plaisant à écouter. A la fin, Zappa prend une minute pour citer ses musiciens et prévenir que le dernier titre arrive.

Ce sera "Black Napkins", madeleine de Proust de Zappa figurant sur un nombre incroyable d'albums en live. Blues lent et dominé par la guitare, le morceau se renouvelle à chaque passage en live. Le son de la 6 cordes est sec, avec une belle attaque et une légère saturation. Un beau final tout électrique.

On regrettera un peu la folie habituelle présente sur les live du moustachu. Quelques morceaux "lisses" mais aussi très abordables, ce qui n'est pas toujours le cas.

Un live de plus qui ravira les collectionneurs mais aussi les néophytes.