A token of his extreme (2013)

A token of his extreme frank zappa

1 - The Dog Breath Variations / Uncle Meat 4:01
2 - Montana 6:44
3 - Earl of Duke 5:49
4 - Florentine Pogen 11:08
5 - Stinkfoot 3:58
6 - Pygmy Twylyte 7:46
7 - Room Service 12:11
8 - Inca Roads 9:50
9 - Oh No / Son of Orange County 7:09
10 - More Trouble Every Day 7:17
11 - A Token of My Extreme 1:24

Encore un album live de Frank Zappa. "A token of his extreme", enregistré en 1974 et qui sera publié en 2013.
Capté à Los Angeles, on trouve y sur scène la confrérie habituelle.

Frank Zappa : chant, guitare
Napoleon Murphy Brock : chant, saxophone et flûte
George Duke : chant, claviers
Tom Fowler : basse
Chester Thompson : batterie
Ruth Underwood : marimba, vibraphone, percussions diverses

Première salve avec un meddley de deux titres extraits de "Uncle Meat". Instrumentaux, ces deux petits bijoux d'une infinie complexité installent une ambiance d'exigence avec un son juste parfait.
Glissons maintenant vers 1973 pour un titre sorti de "Over-nite Sensation", celui qui referme le disque, "Montana". Beaucoup moins mou que sur l'original, le titre supporte un beau chorus de guitare avant que Napoleon Murphy Brock ne reprenne la parole.

"Earl of Duke" ne décolle vraiment qu'à la 3ème minute. Le jeu théâtral qui précède ne soulève pas un intérêt délirant. Le final retourne aux éléments de départ, dans une ambiance bruitiste qui laisse le public froid.
Très beau morceau rock, "Florentine Pogen" se déposera sur "One size fits all" l'année d'après en 1975, dans une version très raccourcie. Il fera aussi les beaux jours de certains live comme "You Can't Do That on Stage Anymore vol 4" mais jamais dans ce costume de plus de 10 minutes. Toute la seconde moitié du titre est occupée par un long solo de Frank Zappa, tout en circonvolutions.
Beau moment fort et sombre à la fois.

Enfin un extrait d'"Apostrophe" avec le blues "Stinkfoot". Dépouillé sur une tournure basse/baterie/clavier, le truc met en avant une voix caverneuse, trafiquée dans un appareil idoine style Vocoder. Invariablement, l'ensemble se termine sur un solo.

A la fois soul et rock, "Pygmy Twylyte" déploie ses ailes au-dessus de ce concert avec maestria. Disponible aussi sur "Roxy and Elsewhere" mais dans une durée de 2 minutes, le titre prend tout son sens comme sur "You Can't Do That on Stage Anymore vol 2" où figure à peu près la même version. L'un des meilleurs moments de ce live.

Avec un groove terrible qui s'annonce dès le début, "Room Service" a de quoi conquérir les foules. Le morceau se trouve aussi sur "The Dub Room Special !", qui partage d'ailleurs une bonne partie du track-listing de "A token of his extreme". Les plus de douze minutes du titre sont surtout constituées d'un échange entre Zappa et Brock. La musique tourne en boucle derrière, un peu inutile. A l'aube de la neuvième minute on croit sentir un redémarrage ...qui n'arrive pas. Beau final sur une dizaine de secondes.

Mode groove enclenché sur "Inca Roads". Quasiment tout de suite, la guitare prend la direction des opérations. Le titre devient aérien, jazz, dont le condiment rock supplémentaire était refusé par Frank Zappa et dont s'emparera un futur Pat Metheny qui en brossera par ailleurs d'innombrables tableaux. Un très joli moment complexe joué par des artificiers émérites.

Ouverture du dyptique "Oh No / Son of Orange County" sur un jazz lent et profond où la voix de Napoleon Murphy Brock fait des merveilles. A mi-parcours, le chant laisse la place à la guitare pour un solo richement entouré par le reste de l'équipe.

Toujours blues, "More Trouble Every Day" s'étire comme tous les blues en live. Le découpage classique, intro, couplet/refrain, couplet/refrain puis solo, nous entraîne sur 7 minutes conventionnelles mais qui captent bien l'attention.

Enfin, dernier sursaut avec le tout petit final "A Token of My Extreme" qui permet à Frank Zappa de présenter ses musiciens et de prendre congé de son public.

Sympathique album live avec de très bonnes choses à se mettre sous les oreilles. Il met en valeur des morceaux de la première partie de l'oeuvre de Zappa, très souvent préférée à celle qui suivra après le milieu des années 70.