You Can't Do That On Stage Anymore, Vol. 2 (1988)



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Disque 1

1 - Tush Tush Tush 2:48 | 2 - Stinkfoot 4:20 | 3 - Inca Roads 10:54 | 4 - RDNZL 8:43 | 5 - Village of the Sun 4:33
6 - Echidna's Arf (Of You) 3:30 | 7 - Don't You Ever Wash That Thing ? 4:56 | 8 - Pygmy Twylyte 8:22 | 9 - Room Service 6:22
10 - The Idiot Bastard Son 2:40 | 11 - Cheepnis 4:30

Disque 2

1 - Approximate 8:11 | 2 - Dupree's Paradise 24:00 | 3 - Satumaa (Finnish Tango) 3:51 | 4 - T'Mershi Duween 1:32
5 - The Dog Breath Variations 1:38 | 6 - Uncle Meat 2:28 | 7 - Building a Girl 1:00 | 8 - Montana (Whipping Floss) 10:15
9 - Big Swifty 2:17


Les six double albums de la série "You Can't Do That On Stage Anymore" permettent de réentendre Zappa en concert avec des morceaux puisés dans l'abondant héritage du moustachu. Ce "You Can't Do That On Stage Anymore, Vol. 2" est le seul de la série à dévoiler un concert entier de Zappa. Celui-ci a été capté à Helsinki en septembre 1974. On retrouve les Mothers of Invention avec des noms connus : George Duke aux claviers ou encore Chester Thompson côté batterie.

A la glorieuse époque du vinyle qui opère actuellement un vrai retour en grâce, "You Can't Do That On Stage Anymore, Vol. 2" était vendu en coffret comprenant 3 disques.

Démarrage fumette tranquille avec "Tush Tush Tush", hymne pépère à la nonchalance, puis "Stinkfoot", un blues plus sérieux à la mine grise. Sans transition, le rythme s'accélère pour aborder une première longue plage "Inca Roads" où le prétexte est surtout de développer un long solo de guitare. La seconde partie du morceau permet à chacun de revenir dans la danse sur une partition jazz-rock complexe et aventurière. Les trois dernières minutes sont jubilatoires.

Exhumé de "Studio Tan", "RDNZL" s'avère toujours aussi complexe avec une première partie de guitare moins bridée que sur l'original. Le superbe solo de piano final s'est transformé en solo d'orgue avec des attaques de cuivres. "Village of the Sun" éclaire l'ambiance de sa candeur avec des changements de mélodies et de rythmes inopinés. L'ensemble sonne jazz sans oublier le côté "déconne". Joli titre trop court "Echidna's Arf (Of You)" mélange les genres et fait ressortir des accents jazz tout en suivant une ligne rock. Un instrumental comme Zappa aime les maitriser. "Don't You Ever Wash That Thing ?" représente les deux faces d'une même pièce avec un côté pile expérimental jazz-rock et une face pop beaucoup plus accessible. Zappa mélange les deux et livre un titre hybride et joyeusement jouissif.

"Pygmy Twylyte" part pour un long voyage de plus de 8 minutes au pays de l'inventivité musicale avec un parcours initiatique guitaristique qui enfle pour finalement occuper tout l'espace. "Room Service" vaut surtout pour sa partie rythm'n blues rapide, malheureusement écourtée par un dialogue omniprésent et sans grand intérêt. Le titre ne s'arrête pas et s'enchaine avec le pesant "The Idiot Bastard Son" qui annonce la fin de la première galette. Un dernier soubresaut, toujours enchainé au reste, "Cheepnis", clôture le premier chapitre de ce dyptique de manière échevelée avec un véritable degré d'urgence rythm'blues. Un morceau de plus à rajouter aux indispensables de ce double album CD ou de ce triple album vinyle.

La seconde rondelle démarre avec le bien nommé "Approximate" qui suit plusieurs pistes avant de trouver une belle voie rock en milieu de parcours. Solo de batterie puis reprise des hostilités avant de passer à la grande pièce de cette deuxième partie "Dupree's Paradise" avec une brève introduction parlée de Zappa.

Le morceau est un assemblage de plans jazz-rock avec divers solos à la clé. Si le début parait un poil chaotique, le titre prend une belle vitesse de croisière à l'aube des 8 minutes en enchainant des images jazz dont le portrait principal est tour à tour, la basse, la batterie, le clavier, puis à nouveau la batterie. Le final se fait dans un déluge de bruitages en tous genres. Pas de temps mort pour enchainer sur "Satumaa (Finnish Tango)", un tango qui vire à mi-parcours sur un funk jubilatoire éclair qui se poursuit avec l'énigmatique et rapide "T'Mershi Duween". Dans la série des courts-métrages façon Zappa nous aurons aussi un court mais brillant "The Dog Breath Variations", un extrait de "Uncle Meat" puis "Building a Girl" en version échantillon drapée de mystère. L'avant-dernier titre tarde à démarrer, avec un Chester Thompson qui se plante deux fois de suite. "Montana (Whipping Floss)" prend ensuite une tangente instrumentale avec la guitare de Zappa comme guide spirituel. "Big Swifty" termine sur un mode tranquille, apaisé.
Zappa dit au revoir sur un ronflement de cuivre.

Un double album bien rempli avec de véritables morceaux jubilatoires dedans.
Le son est parfait, les fans vont adorer et les néophytes vont en redemander.
Ce second volume est sans doute l'un des plus comestibles de la série.