You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 3 (1989)



You Can't Do That on Stage Anymore vol 3 frank zappa

Disque 1

1 - Sharleena 8:54 | 2 - Bamboozled by Love/Owner of a Lonely Heart 6:06 | 3 - Lucille Has Messed My Mind Up 2:52
4 - Advance Romance 6:58 | 5 - Bobby Brown Goes Down 2:44 | 6 - Keep It Greasey 3:30 | 7 - Honey, Don't You Want a Man Like Me ? 4:16
8 - In France 3:01 | 9 - Drowning Witch 9:22 | 10 - Ride My Face to Chicago 4:22 | 11 - Carol, You Fool 4:06 | 12 - Chana in de Bushwop 4:52
13 - Joe's Garage 2:20 | 14 - Why Does It Hurt When I Pee ? 3:07

Disque 2

1 - Dickie's Such an Asshole 10:08 | 2 - Hands With a Hammer 3:18 | 3 - Zoot Allures 6:09 | 4 - Society Pages 2:32
5 - I'm a Beautiful Guy 1:54 | 6 - Beauty Knows No Pain 2:55 | 7 - Charlie's Enormous Mouth 3:39 | 8 - Cocaine Decisions 3:14
9 - Nig Biz 4:58 | 10 - King Kong 24:32 | 11 - Cosmik Debris 5:14


Et de trois.

Après "You Can't Do That on Stage Anymore" volume 1 et 2 parus en 1988, le troisième volume parait en 1989. Les titres en concert réunis sur ce double-effort couvre une large période, de 1971 à 1984. L'exigence de Zappa a encore frappé sur ce disque. Le moustachu ne se contente pas de compiler des morceaux captés en live mais mixe allègrement deux versions de concerts différents pour s'approcher au plus près du résultat qu'il souhaite. Et c'est parti pour plus de 2 heures 15 minutes de Zappa sur scène, toujours entouré de la crème de ses musiciens (Vaï, le fiston Dweezil, Duke, Dunbar, etc...).

Démarrage en douceur et sous le soleil avec le reggae de "Sharleena" traversé d'éclairs rock. Le superbe solo central en forme de duo guitaristique élargit encore l'horizon musical. Difficile de passer après çà.

Après quelques essais soul, le groupe s'essaye à une reprise survitaminée de Yes sur le dyptique "Bamboozled by Love/Owner of a Lonely Heart". Un peu de reggae sur "Lucille Has Messed My Mind Up" avec de gros traits de guitares heavy puis cap sur "Advance Romance", un blues assorti encore une fois d'un solo échevelé tenant plus du hard-rock que du blues.Un morceau à tiroirs plein d'inventivité.

"Bobby Brown Goes Down" est un titre doo-wop dans la plus pure tradition fifties qui s'enchaine avec "Keep It Greasey", funk furieux à la manière d'un Sly and the Family Stone sous influence. Un peu chaotique, "Honey, Don't You Want a Man Like Me ?" redonne un sens au mot "pop" et, toujours sans transition comme disait Patrick, Zappa and Co glissent sur le blues de "In France", très agréable et emmené par un harmonica déjà chaud. Après un démarrage soul de bonne augure, "Drowning Witch" se barre dans des méandres déconnants jalonnés de jazz et d'inventions rock. La partie instrumentale se révèle la plus riche et captivante avec un solo de guitare qui constitue le moment le plus intéressant de ce titre de près de 10 minutes.

"Ride My Face to Chicago" réveille les consciences blues avec un morceau rapide comme d'habitude habité par un solo inspiré du moustachu puis nous basculons à nouveau sur un reggae avec "Carol, You Fool" chanté à plusieurs. Une petite escapade en territoire jazzy avec "Chana in de Bushwop", l'occasion de revoir à la sauce moustache tous les tics du genre puis la fin du premier volume se profile déjà avec le court "Joe's Garage", enjoué et à la ritournelle contagieuse qui s'interrompt brutalement pour conclure sur "Why Does It Hurt When I Pee ?" au final interminable.

Une introduction un peu longuette permet de commencer "Dickie's Such an Asshole" qui nous entraine sur les pentes d'un blues charnu qui se suit passionnément avec son cortège habituel de solis (clavier et guitare). Un solo de batterie exécuté par Terry Bozzio sur "Hands With a Hammer" permet de faire le lien avec "Zoot Allures", nébuleux et trouble comme un vent de sable latent. Eloge de la lenteur, ce jazz rock instrumental trouve une vitesse de croisière à mi-parcours pour un solo collé sur un rythme reggae.

"Society Pages" est un petit condensé de bonheur pop ramassé sur moins de 3 minutes et enchainé avec l'encore plus court "I'm a Beautiful Guy" qui passe tel un éclair bancal. "Beauty Knows No Pain" est doté d'une belle architecture compliquée oscillant entre soul et jazz-rock, joli moment de partage musical suivi de "Charlie's Enormous Mouth" gentiment dansant.

"Cocaine Decisions" est plutôt posé, sans heurts et sans fracas, sans déconne apparente. Un blues dans ce qu'il a de plus traditionnel "Nig Biz" avec chorus de gratte, de claviers, de saxo, puis re-guitare, comme une belle débauche de savoir-faire solitaire avant la reprise du chant.

"King Kong" est un immense terrain de jeu de près de 25 minutes où tout peut arriver. Zappa a sélectionné soigneusement des morceaux du titre capté dans divers concerts pour fabriquer un long instrumental jalonné de périodes reggae, jazz ou rock. L'ensemble se suit avec un plaisir non feint, avec cette alternance agréable d'ambiance.

Pour terminer, Zappa envoie un "Cosmik Debris" blues et rock avec une outro en forme de final qui solde ce concert virtuel.

Pour beaucoup, ce volume 3 est le plus faible des 6 que compte la série.

Entre néophytes, fondus et convertis, chacun y trouvera tout de même quelque chose à se mettre derrière l'oreille.