You Can't Do That on Stage Anymore, Vol. 1 (1988)



You Can't Do That on Stage Anymore vol 1 frank zappa

Disque 1

  1. The Florida Airport Tape 1:03
  2. Once Upon a Time 4:37
  3. Sofa #1 2:53
  4. The Mammy Anthem 5:41
  5. You Didn't Try to Call Me 3:39
  6. Diseases of the Band 2:22
  7. Tryin' to Grow a Chin 3:44
  8. Let's Make the Water Turn Black/
    Harry, You're a Beast/
    The Orange County Lumber Truck 3:27
  9. The Groupie Routine 5:41
  10. Ruthie-Ruthie 2:57
  11. Babbette 3:35
  12. I'm the Slime 3:13
  13. Big Swifty 8:46
  14. Don't Eat the Yellow Snow Suite 20:16

Disque 2

  1. Plastic People 4:38
  2. The Torture Never Stops 15:48
  3. Fine Girl 2:55
  4. Zomby Woof 5:39
  5. Sweet Leilani 2:39
  6. Oh No 4:34
  7. Be in My Video 3:29
  8. The Deathless Horsie 5:29
  9. The Dangerous Kitchen 1:49
  10. Dumb All Over 4:20
  11. Heavenly Bank Account 4:05
  12. Suicide Chump 4:55
  13. Tell Me You Love Me 2:09
  14. Sofa #2 3:00












Très souvent le nez dans ses cartons d'archives, Zappa décide un jour de compiler la somme énorme de bandes en public qu'il détient. Cette sélection va donner lieu à une suite de 6 albums tous nommés "You Can't Do That on Stage Anymore" dont voici le premier tome.
Pas de classement apparemment dans ces albums live puisque toutes les époques s'y côtoient sans problème durant les 28 morceaux présentés ici. Côté personnel, disons que tout le monde est là, de Ray Collins à Steve Vai en passant par Georges Duke ou même le fiston Dweezil.

Un échange de propos entre Zappa et ses musiciens dans un aéroport en juin 1970 constitue l'intro de "You Can't Do That on Stage Anymore" puis on poursuit cette fois avec un vrai titre, "Once Upon a Time" une comptine qui tourne en boucle pas super excitante non plus.

"Sofa #1" est décliné en allemand dans un explosion de couleurs pop kaléidoscopiques à la Beatles, puis un bond de 11 ans dans le futur nous fait parvenir jusqu'à l'excellent "The Mammy Anthem", instrumental rock noueux, traversé de riffs brillants et doté d'un solo tendu à l'extrême.

"You Didn't Try to Call Me" offre une aire de repos avec un slow fifties dans lequel Marty Mc Fly peut intervenir à tout moment.L'ensemble est chatoyant, confortable et chanté en choeurs, avant de basculer sur un reggae improbable. "Diseases of the Band" permet de présenter les musiciens, puis "Tryin' to Grow a Chin" déboule, tout en nerfs et accélération, comme un morceau des Who dans lequel on aurait injecté de l'ironie. Retour dans le passé en 1969 avec trois titres pour le prix d'un "Let's Make the Water Turn Black/Harry, You're a Beast/The Orange County Lumber Truck". L'ambiance est à la pop festive sertie de cuivres chauds. "The Groupie Routine" enregistré en 1971 en Californie ne démarre jamais. Il s'agit d'un jazz qui reste sur l'intro pendant qu'un échange verbal entre deux personnages occupe tout l'espace. Parodie de "Louie Louie", "Ruthie-Ruthie" fait tourner ses trois accords du mieux possible avant d'enchaîner sur "Babbette" une pause slow sixties bien baveuse.

Soul trainante "I'm the Slime" se réceptionne plutôt bien avec un joli chorus de guitare en bonus puis les eaux se séparent sur "Big Swifty", trépidant instrumental jazz-rock, couronné d'un superbe solo de claviers. Le titre, enregistré en 1973, prend des connotations pop qui rappellent les meilleures BO des films policiers des années 70.

Enfin, la grosse pièce d'artillerie "Don't Eat the Yellow Snow Suite" et ses 20 minutes de styles en tous genres, du rock au jazz supportés par un échange verbal en triangulation Zappa/musiciens/public. La musique s'étire sur un blues lent et prend des chemins de traverse qui transforment l'humeur du titre en une fraction de seconde.

Le morceau tient plus de la performance musicale que d'une recherche artistique quelconque.

La seconde offensive débute avec un morceau capté en 1969 "Plastic People", précédé d'un discours du Zappa qui rend le public hilare. La chanson est à nouveau une parodie de "Louie, Louie". Grande pièce magique de ce second disque, "The Torture Never Stops" démarre comme le générique d'une série policière des années 70. D'obédience soul, jazz et blues, le titre prend des dimensions pharaoniques en live. Un solo de guitare démarre à la 6ème minute et ne lâche pas l'affaire jusqu'à la 14ème dans un déluge sonique salutaire.

Enregistré en Italie en 1982, "Fine Girl" se gorge d'un soleil reggae pour mieux affronter l'hiver, puis "Zomby Woof ", un excellent rock décadent et déjanté qui trouve sa ligne de conduite dans un superbe solo de guitare. Un jazz déglingué nous attend au détour du sillon "Sweet Leilani" rapidement remplacé par "Oh No", un instrumental délayé avec tout ce qui tombe sous la main. "Be in My Video" pur produit fifties est suivi par "The Deathless Horsie", lente mélopée égrenée comme un chapelet et mise en couleur par un solo de guitare de Zappa. Une courte cuisine foutraque avec "The Dangerous Kitchen" où Zappa chante une autre mélodie que celle, impraticable, déclinée par l'orchestre puis "Dumb All Over", un rock qui tourne en boucle et bien que répétitif, se révèle très agréable avec ce son de guitare affuté comme un rasoir.

"Heavenly Bank Account" très hollywoodien, richement orchestré, fait briller des ors étincelants dans une hystérie jamais collective, puis un blues balancé comme un jazz à la Lucky Peterson, "Suicide Chump", serti de plusieurs solos, de la guitare au saxophone en passant par le clavier.

Pré-final rock dur avec "Tell Me You Love Me" puis le final lui-même "Sofa #2", avec guirlandes et lumières scintillantes.

Cette grosse somme live de près de 2 heures et 20 minutes contentera tout le monde, du fan de Zappa période bleue jusqu'au béotien qui découvre le monde si particulier du moustachu. La série des "You Can't Do That on Stage Anymore" se poursuit avec un volume 2 tout aussi bien garni et attrayant.