We're Only In It For The Money (1968)



We're Only In It For The Money Frank Zappa

1 - Are You Hung Up ? 1:25
2 - Who Needs the Peace Corps ? 2:34
3 - Concentration Moon 2:22
4 - Mom and Dad 2:16
5 - Telephone Conversation 0:49
6 - Bow Tie Daddy 0:33
7 - Harry, You're a Beast 1:21
8 - What's the Ugliest Part of Your Body ? 1:03
9 - Absolutely Free 3:24
10 - Flower Punk 3:03
11 - Hot Poop 0:26
12 - Nasal Retentive Calliope Music 2:02
13 - Let's Make the Water Turn Black 2:01
14 - The Idiot Bastard Son 3:18
15 - Lonely Little Girl 1:09
16 - Take Your Clothes Off When You Dance 1:32
17 - What's the Ugliest Part of Your Body ? (Reprise)1:02
18 - Mother People 2:26
19 - The Chrome Plated Megaphone of Destiny 6:26

Parodie de la culture flower power, "We're in it for the money", en 19 titres, mélange allègrement la surf music des Beach Boys ou l'avant-garde, le rock ou le doo-wop des années 50 et voit le jour en 1967. C'est le troisième album de Frank Zappa.

Il est accompagné dans cette démarche par son groupe, Mothers of invention.

Mélange de bruitages, de grognements et de chuchotements sur "Are You Hung Up ?" puis la petite histoire de "Who Needs the Peace Corps ?" sautillant sur un rythme latino/pop. "Concentration Moon" sur des humeurs crétines folâtre à tout va. Toujours pop avec des éléments sonores pas toujours identifiables. Petite complainte médiévale "Mom and Dad" puis une conversation téléphonique sur "Telephone Conversation". "Bow Tie Daddy" propose 33 secondes d'une chanson à la mélodie enfantine.
"Harry, You're a Beast" collage de bruitages divers, grognements de cochons, chanson passée à l'envers, rires inextinguibles. "What's the Ugliest Part of Your Body ?" dont nous retrouverons la seconde partie vers la fin du disque puis "Absolutely Free" qui démarre sur des arpèges de piano plutôt encourageants, le reste est à l'identique, bordélique et difficilement cernable.

"Flower Punk" plutôt électro d'ailleurs où Frank Zappa utilise le terme de punk presque 10 ans avant la vague et "Hot Poop" chuchotements sous réverbération. A mi-parcours du disque il faut bien dire qu'on ne retient pas grand-chose d'un tel fouillis. Certains titres démarrent à peu près normalement pour partir en vrille l'instant d'après.

Bruitages et pets de mouches en tous genres sur "Nasal Retentive Calliope Music" et "Let's Make the Water Turn Black" tout en candeur et naïveté. Les chansons qui suivent sont un peu moins barrées et permettent d'apprécier un peu le talent de mélodiste du compositeur. "The Idiot Bastard Son", "Lonely Little Girl", "Take Your Clothes Off When You Dance" et "What's the Ugliest Part of Your Body ? (Reprise)" reprennent les constantes de ce qui précéde en y rajoutant tout de même un ou deux grognements ou quelques bruits de fermeture Eclair. "Mother People" se trouve enrichi d'un passage complètement hollywoodien, avec grand orchestre, du style à voir le soleil se coucher derrière les montagnes. "The Chrome Plated Megaphone of Destiny", musique contemporaine remplie de "blitz", de "tut" et de "zblong", emmené par un piano désaccordé et des ricanements plutôt malsains referment ce livre d'images étranges.

Que penser d'un tel fouillis d'idées et de telles outrances musicales ? "We're in it for the money" en plus du psychédélisme appartenant à son époque, dévie la plupart du temps dans des expérimentations bizarres et loufoques, audibles certes, mais qui ne laisse rien d'imprimé dans la mémoire. Cet artiste reste néanmoins à découvrir, peut-être par l'intermédiaire d'un autre album, le choix ne manque pas. En attendant, quitte à être ébouriffé, n'allez plus chez le coiffeur.