Waka/Jawaka (1972)



Waka jawaka frank zappa

1 - Big Swifty 17:24
2 - Your Mouth 3:12
3 - It Just Might Be a One-Shot Deal 4:17
4 - Waka/Jawaka 11:19

A l'époque de l'enregistrement de "Waka/Jawaka", Zappa est en fauteuil roulant où il va rester près d'un an. Lors d'une représentation donnée au Rainbow Theatre de Londres en décembre 1971, un spectateur juge la prestation mauvaise et/ou trouve que Zappa regarde sa petite amie d'une manière qui ne lui plait pas. Il faire tomber Zappa dans la fosse. Celui-ci en sort avec un traumatisme crânien, le larynx écrasé, des fractures multiples qui vont faire de lui un homme dépendant pendant plusieurs mois.

C'est de ce même fauteuil roulant que Zappa va diriger les séances d'enregistrement de "Waka/Jawaka". Seulement 4 titres dont une pièce majeure ébouriffante, "Big Swifty", pur jazz-rock avec une partie largement improvisée et qui laisse s'exprimer les forces musicales en présence. Foisonnant, cartoonnesque, cette grande pièce aux senteurs de samba et de rythmes latins est un puit sans fond où il reste toujours quelque chose à découvrir. Ce n'est pas pour rien que "Waka/Jawaka" sera baptisé plus tard "Hot rats 3" pour la musicalité dont il fait preuve tout au long de sa courte durée (36 minutes). La justesse du propos de la guitare de Zappa, la plénitude de la trompette bouchée de Sal Marquez et la pleine lumière du son de clavier de Georges Duke font planer cette belle musique à quelques encablures au-dessus de la production sonore de l'époque.

Petit détente blues avec "Your Mouth", petite chanson qui roule des épaules avec de beaux cuivres qui vont faire des envieux parmi les musiciens de l'époque. Une autre chanson pour sortir des méandres jazz-rock avec "It Just Might Be a One-Shot Deal", simplement débile comme sait si bien les faire notre Zappa, bourrée de références et s'amusant du moment présent, mais avec néanmoins une partie instrumentale très plaisante.

La deuxième grande pièce jazz-rock du disque, c'est le titre éponyme "Waka/Jawaka" qui offre un voyage au pays de la distanciation entre western et péplum, où les plans jazzy complexes s'entrechoquent et se suivent : claviers, cuivres, guitares tissent un méandre insondable d'où émerge une musique profonde, adulte, en totale harmonie avec l'idée que peut s'en faire un Zappa pourtant cloué au fond de son fauteuil.

"Waka/Jawaka", le disque, s'adresse en premier aux fans de cavalcades jazz-rock dans lesquelles Zappa a toujours excellé.

Pour les autres, il pourra se révéler un effort de plus difficile d'accès.