Road tapes Venue 2 (2013)



The Road Tapes Venue 2 Frank Zappa
Disque 1
1 - Introcious 5:18 | 2 - The Eric Dolphy Memorial Barbecue 1:07 | 3 - Kung Fu 1:10 | 4 - Penguin In Bondage 4:06
5 - Exercise #4 1:57 | 6 - Dog Breath 1:36 | 7 - The Dog Breath Variations 1:30 | 8 - Uncle Meat 2:26 | 9 - RDNZL 6:17
10 - Montana 7:02 | 11 - Your Teeth And Your Shoulders And Sometimes Your Foot Goes Like This . . . /Pojama Prelude 10:14
12 - Dupree's Paradise 15:54 | 13 - All Skate/Dun-Dun-Dun (The Finnish Hit Single) 14:09

Disque 2
1 - Village Of The Sun 5:40 | 2 - Echidna's Arf (Of You) 4:22 | 3 - Don't You Ever Wash That Thing ? 9:56 | 4 - Big Swifty 12:58
5 - Farther O'Blivion 22:54 | 6 - Brown Shoes Don't Make It 7:33

"Road Tapes, Venue 2" fait suite au premier volume (paru en 2012) de cette série de deux. Il s'agit d'un disque live posthume de Frank Zappa qui vient grossir la déjà impressionnante discographie du Moustachu. Les 19 titres catapultés sur les deux CD ont tous été enregistré sur 2 jours, le 23 et 24 août 1973 à Helsinki en compagnie des Mothers of Invention. Le tout est produit par la veuve de Frank, Gail Zappa, elle-même disparue en 2015.

Quelques essais de percussions sont effectués sur "Introcious" avec une présentation des musiciens en préambule. Les choses sérieuses commencent sur "The Eric Dolphy Memorial Barbecue" avec un petit jazz doux et heurté. "Kung Fu" suit, en pleine nébuleuse puis enfin un titre consistant avec "Penguin In Bondage", blues à la farine complète auquel on a encore rajouté quelque chose. La touche Zappa sans doute. Une série de trois petits morceaux de moins de 2 minutes suit.

"Exercise #4" joue la carte contemporaine pour finir sur du jazz-rock conquérant. "Dog Breath" met à l'honneur le violon de Jean-Luc Ponty dans une petite ritournelle instrumentale pop. La chose perdure sur "The Dog Breath Variations" en détricotant l'ensemble.

Un petit extrait d'"Uncle Meat' hispanisant et percussif très agréable. Avec "RDNZL" les choses sérieuses commencent et vont progresser dans la durée. La guitare de Zappa entame une conversation avec le violon de Ponty. Le titre oscille entre pop et jazz rock avant de plonger partition la première dans un bain de clavier jazz revigorant. Un morceau instrumental en forme de petite merveille. "Montana" offre un bel exemple de pop telle qu'on la jouait dans les années 70. L'ensemble est de temps en temps appuyé par des parties plus jazz rock. En fin de parcours, Zappa discoure d'une voix monocorde, semblant commenter les événements.

Après une belle intro au clavier, "Your Teeth And Your Shoulders And Sometimes Your Foot Goes Like This . . . /Pojama Prelude" navigue sur des eaux tranquilles. La musique concrète qui suit déploie grand ses ailes pour offrir un bon compromis entre jazz-rock et partition contemporaine. La seconde partie revient sur des terres jazz classiques connues. Ce beau morceau complexe est sans nul doute un des meilleurs moments de cette première partie. Premier mouvement alerte dans un jazz-rock dynamique pour "Dupree's Paradise". La trompette prend le relais du violon de Jean-Luc Ponty, elle-même remplacée par la guitare de Zappa. Comme dans tout bon morceau de jazz-rock de plus de 15 minutes, la parole est donnée à tous pour un exercice solitaire brillant.

Les 5 premières minutes de "All Skate/Dun-Dun-Dun (The Finnish Hit Single)" sont une éloge bruitiste à la musique contemporaine. "blips", "ploncs" et autres "blam" précèdent un blues puis un rock de facture plus classique qui prend son essor à l'aube de la sixième minute. A la onzième minute, le rock est abandonné sur le bord du chemin. Zappa communique alors avec le public sur fond d'orgue Hammond à la Charly Oleg.

Après une petite hésitation le clair "Village Of The Sun" démarre. Le jazz cool a mis son beau costume. L'ambiance est accoudée au bar, verre en main et pensées vagabondes. "Echidna's Arf (Of You)" est très aventureux et part explorer différentes terres musicales. Jazz rock et rock prog cheminent côte à côte dans une ambiance complexe. Jazz rock avéré sur "Don't You Ever Wash That Thing ?". Virevoltage, solis qui arrivent de toutes parts et retournements de situation sont au programme. Bien souvent, la partition ressemble à une BOF d'un film policier des années 70. Le morceau se termine sur un solo de batterie, rare dans l'oeuvre live du Zappa.
"Big Swifty" complique les choses dès le début mais trouve une ligne directrice qu'il suit avec bonheur. La basse trace la voie empruntée par le clavier. L'instant est encore une fois magique. Du pur jazz qui groove comme jamais. Plus tard le violon double le clavier et s'épanche volontiers de sa voix plaignante. Un bel instrumental exploité jusqu'au tréfonds de la partition.

Le gros morceau de ce second disque débute gentiment, comme une ballade à travers la campagne. "Farther O'Blivion" a tout du titre seventies bucolique. Le violon prend la direction des événements jusqu'à une cinquième minute où le soleil campagnard se cache. C'est au tour de la trompette de s'exprimer, quasiment en solitaire. Le free jazz fait place au psychédélisme débridé des années 70. L'ambiance devient lourde à mi-parcours. A la quinzième minute, tout le monde se remet en ordre de marche, la musique dictant les pas à suivre. A la dix-huitième minute, les percussions font leur jeu toutes seules. Le final permet à Zappa de présenter tout le monde.
Dernière salve jazz avec "Brown Shoes Don't Make It". Celui-ci a l'ironie mordante et cultive une atmosphère inquiétante.

Frank Zappa dit seulement au revoir, et la porte sur le passé se referme.

Zappa en live, encore une fois. Le sujet semble inépuisable tant les disques exhumés de "The Vault", la malle au trésor du moustachu, se suivent en se ressemblant un peu tout de même. Celui-ci contient de très beaux moments, surtout sur le second disque qui aurait pu être édité seul d'ailleurs.