Road tapes Venue 1 (2012)



The Road Tapes Venue 1 Frank Zappa
  • The Importance Of An Earnest Attempt (By Hand) 3:43 | Help, I'm A Rock/Transylvania Boogie 9:29 | Flopsmash Musics 4:50
  • Hungry Freaks, Daddy 3:59 | The Orange County Lumber Truck 20:56 | The Rewards Of A Career In Music 3:28 | Trouble Every Day 5:02
  • Shortly: Suite Exists Of Holiday In Berlin Full Blown 9:28 | Pound For A Brown 3:13 | Sleeping In A Jar 3:22 | Oh, In The Sky 2:42
  • Octandre (Varèse) 7:39 | King Kong 10:16

Encore un live. La discographie posthume de Zappa semble inépuisable du côté des concerts exhumés toutes périodes confondues. Cette série de live "Road Tape" se décline pour le moment en 3 volumes paru en 2012, 2013 et 2016. Le premier dont nous allons parlé retrace un concert donné en août 1968 au Canada, à Vancouver.

Sur "The Importance Of An Earnest Attempt (By Hand)", Zappa communique avec son public dans un happening où il est question de pousser quelques cris dégoutés. L'assistance se prête de bonne grâce à l'exercice.
Débutant sur un rituel chamanique, "Help, I'm A Rock/Transylvania Boogie" poursuit sur de la musique orientale cuisinée au saxophone et à la guitare et s'achève sur le début de "Flopsmash Musics", étouffante, anxiogène et qui pourrait aisément servir de bande-son à un sinistre documentaire sur les insectes.

Lègèrement jazzy, "Hungry Freaks, Daddy" se veut nonchalant, en veine d'insouciance. A certains moments, on pourrait croire ce titre exhumé du répertoire des Beatles. Mais c'est bientôt le morceau fleuve de cette première rondelle qui va débuter. A moment exceptionnel, présentation exceptionnelle. Zappa introduit cette grande expérience intitulée "The Orange County Lumber Truck" puis une petite musique d'intro comme une émission TV se fait entendre. Le générique se délite, passe sur une longue litanie ou le saxophone et la guitare se repassent les plats. C'est un pur délice de pop/rock estampillé seventies qui nous attend, comme la bande-son qui accompagnait les films policiers de cette époque-là. Rien d'ennuyeux dans ces plus de 20 minutes de maîtrise absolue du propos mais du plaisir auditif avant tout. Un grand morceau qui justifie amplement l'achat de cette double galette. Plus happening qu'autre chose, "The Rewards Of A Career In Music" mêle les voix des intervenants présents sur scène dans une conversation qui devient de plus en plus confuse pour conclure cette première galette.

Sur un titre qu'on pourrait croire sorti du répertoire des Doors, "Trouble Every Day" tourne sur un gimmick qui résonne comme familier à nos oreilles. Un instrument peu habitué aux morceaux de Zappa fait une apparition remarquée, l'harmonica, dans un solo bien ancré dans son époque. Zappa introduit brièvement le morceau "Shortly: Suite Exists Of Holiday In Berlin Full Blown" petite musique jazzy de gloriette. Encore une fois les instruments se suivent pour construire le morceau qui s'écoule à l'instar d'un long fleuve tranquille de près de 10 minutes. Les clarinettes s'entendent à merveille sur "Pound For A Brown", conversation dans laquelle s'immisce volontiers une guitare jazzy au son clair dans ce titre baroque.

Entre fête foraine et ambiance jazz New Orleans, "Sleeping In A Jar" déroule son tapis moelleux et fleuri à la clarinette, tenue certainement par Ian Underwood (ou Bunk Gardner). "Oh, In The Sky" louche du côté des fifties avec une voix de fausset et joue avec nos nerfs dans le registre suraigu.

La pièce expérimentale d'Egdard Varèse, "Octandre" est précédée d'un discours d'introduction de plus de 2 minutes. Très difficile d'accès, ce morceau très sombre cultive l'angoisse première, de celle qui mène à la folie. Après deux minutes d'introduction parlée, "King Kong" débute par les cuivres et se stabilise sur une ligne directrice de saxophone, leader incontesté du titre mais relayé au bout de quelques minutes par l'orgue Hammond.

Zappa remercie et souhaite bonne nuit. Une majorité de morceaux tournés vers la musique contemporaine et le jazz-rock. "Road tapes Venue 1" est une autre invitation à découvrir l'animal Zappa en live, entouré de la crème des musiciens de l'époque.