The Dub Room Special ! (2007)



The Dub Room Special ! frank zappa
1 - A Token of My Extreme 2:29 | 2 - Stevie's Spanking 5:54 | 3 - The Dog Breath Variations 1:41 | 4 - Uncle Meat 2:16
5 - Stink-Foot 3:58 | 6 - Easy Meat 6:50 | 7 - Montana 4:23 | 8 - Inca Roads 9:45 | 9 - Room Service 9:15 | 10 - Cosmik Debris 7:43
11 - Florentine Pogen 10:13


"The Dub Room Special !" parait en 2007. Il s'agit de la bande-son d'un film lui-même sorti en 1982 et qui mélange deux concerts captés en août 1974 à Los Angeles et en octobre 1981 à New York. Zappa y revisite des morceaux (ou des extraits de titres) incontournables de son répertoire avec quelques musiciens qui l'ont suivi une bonne partie de sa carrière (Georges Duke, Steve Vai, Chester Thompson...).

"A Token of My Extreme (Vamp)" arrive mollement en trainant les pieds. Frank Zappa est présenté au public, puis "Stevie's Spanking", qui fait partie des deux morceaux sur onze enregistrés à New-York en 1981, allonge un rock un peu décadent, à la manière d'un Bowie électrique. Très court et coloré seventies, "The Dog Breath Variations" glisse rapidement, couplé à "Uncle Meat" dans cette même veine kaléidoscopique. "Stink-Foot" oeuvre sur un blues tâcheron où la voix de Zappa, abaissée artificiellement dans les graves, rend la chose poisseuse à souhait.

Les volutes de "Easy Meat" partent en spirale, rappelant à ceux qui l'avaient oublié, la virtuosité absolue de la musique du moustachu. A mi-parcours, la guitare prend la parole pour ne plus la lâcher, reléguant les autres instruments aux rôles de comparses quasi muets.

"Montana" roule en mode tranquille jusqu'aux interventions "yodelisantes" de Napoleon Murphy Brock en état de grâce vocal. Abordons maintenant les titres les plus ambitieux avec "Inca Roads", complexe et raffiné, qui va réconcilier les plus récalcitrants avec le jazz. Issu de "One Size Fits All" paru en 1975, ce morceau joué live en août 1974 avait encore la fraîcheur de la scène, n'étant encore pas figé dans ses sillons. Après le solo de Zappa, Georges Duke fait courir ses doigts sur les claviers pour un passage rapide mais mémorable qui ponctue ce titre géniallissime.

Des échanges de propos entre Zappa et Napoleon Murphy Brock constituent le principal thème de "Room Service".
Pas vraiment un morceau de musique mais plutôt sketch satirique, "Room Service" n'offre pas de quoi se relever la nuit. "Cosmik Debris" va bousculer les idées reçues sur le funk en produisant un brûlot issu de "Apostrophe". Cette petite merveille live va nous faire regretter la fin du disque qui se profile déjà.

"Florentine Pogen" met les petits plats dans les grands, conjugue tout ce qu'il y a de meilleur dans le groupe de Zappa de l'époque (Napoleon Murphy Brock en tête) pour donner un morceau virtuose, témoin de la grandeur d'une formation aguerrie et définitivement soudée.

"The Dub Room Special !" est encore une fois, un témoignage live prenant, avec son lot de moments de grâce parfaite. Ce ne sont pas les albums en concert de Zappa qui manquent, mais celui-ci a le mérite de faire le tour de la question dans un temps raisonnable et d'éviter les longueurs pour aller droit à l'essentiel.