The Best Band You Never Heard in Your Life (1991)



The Best Band You Never Heard in Your Life frank zappa

Disque 1

1 - Heavy Duty Judy 6:04
2 - Ring of Fire 2:00
3 - Cosmik Debris 4:32
4 - Find Her Finer 2:42
5 - Who Needs the Peace Corps ? 2:40
6 - I Left My Heart in San Francisco 0:36
7 - Zomby Woof 5:41
8 - Boléro 5:19
9 - Zoot Allures 7:07
10 - Mr. Green Genes 3:40
11 - Florentine Pogen 7:11
12 - Andy 5:51
13 - Inca Roads 8:19
14 - Sofa No. 1 2:49

Disque 2

1 - Purple Haze 2:27
2 - Sunshine of Your Love 2:30
3 - Let's Move to Cleveland 5:51
4 - When Irish Eyes Are Smiling 0:46
5 - Godfather Part II 0:29
6 - A Few Moments with Brother A. West 4:00
7 - The Torture Never Stops, Pt. 1 5:19
8 - Theme from "Bonanza" 0:28
9 - Lonesome Cowboy Burt 4:54
10 - The Torture Never Stops, Pt. 2 10:47
11 - More Trouble Every Day 5:28
12 - Penguin in Bondage 5:05
13 - The Eric Dolphy Memorial Barbecue 9:18
14 - Stairway to Heaven 9:19

Voici une belle somme en concert du Frank Zappa avec des titres enregistrés en 1988 puis mis à la disposition du commun des mortels en 1991. 28 morceaux pour plus de 2 heures de musique. Beaucoup de reprises sur ce disque ce qui n'est pas coutumier chez le Zappa. Un peu d'Hendrix, de Cream ou de Led Zeppelin passe à la moulinette musicale du moustachu.

Le démarrage se fait sur le jazz charnu de "Heavy Duty Judy", très belle entrée en matière avec un solo de Zappa qui touche au sublime et qui justifie à lui seul le titre donné à ce double effort. Petit reggae sur fond jazzy avec "Ring of Fire" reprise de Johnny Cash, puis un "Cosmik Debris" débridé, partagé entre des cuivres rutilants et une guitare élevée en liberté. "Find Her Finer" couve d'autres cuivres dans un jazz lent mais festif puis la fête continue avec "Who Needs the Peace Corps ?" qui ose un reggae timide au milieu de voix tremblotantes.

Court mode crooner sur "I Left My Heart in San Francisco" puis "Zomby Woof" qui, après quelques démarrages avortés et brouillés par des interventions jazz et funk prendra une vitesse de croisière honorable, bercée par la guitare liquide du moustachu. Le "Boléro" de Ravel se drappe de jazz et fait une entrée remarquée dans le monde de Zappa puis c'est le grand "Zoot Allures" instrumental disert, avec un Zappa laissé libre d'employer sa six-cordes comme il le souhaite. Le morceau débarque sur une plage reggae à mi-parcours et se stabilise dans l'excellence. "Mr. Green Genes" est une gentille chanson pop, sans prétention autre que de divertir puis à nouveau une pièce plus conséquente "Florentine Pogen" où chacun s'exprime à sa manière dans une grande effusion musicale. Le final est un grand feu d'artifice guitaristique avec un Zappa extra-terrestre nanti de six doigts à chaque main. "Andy" est un fourre-tout où tous les styles se retrouvent, rock, blues, jazz-rock avec une propension à passer de l'un à l'autre sans transition aucune.

Le premier CD se conclue sur "Inca Roads" qui offre de jolis moments jazz-rock et la première partie de "Sofa" qui sonne comme un ancien générique d'émission TV américaine.

La série de reprises du CD2 débute avec un "Purple Haze" quasiment méconnaissable, halluciné et électronico-spatial, puis un morceau emprunté à Cream "Sunshine of Your Love" qui lui aussi évolue dans des strates élevées au milieu d'une nébuleuse électro-ondulatoire.

Après un détour par Cleveland avec "Let's Move to Cleveland " en compagnie de la guitare de Zappa en forme de guide prolixe, faisons un autre détour par l'Irlande, de quelques secondes celui-ci avec "When Irish Eyes Are Smiling" puis profitons d'un extrait du Parrain revêtu de trompettes mariachi sur "Godfather Part II".

Entre imitation du cri du cochon et litanie incompressible, " A Few Moments with Brother A. West" oscille sur deux pauvres petites notes qui rappelle que la musique chez Zappa ne peut être qu'un fond musical d'un discours plus ou moins abscons. Belle réadaptation de "The Torture Never Stops, Pt. 1" avec des cuivres rutilants qui se nourrit de déferlantes sonores chaudes sur tapis de jazz mouvant et onctueux.

Très beau moment.

Passé le très court "Theme from Bonanza", générique d'une série américaine western de la fin des années 50, pour les plus jeunes fan de Zappa qui lisent ce site, la musique cowboy continue avec une ambiance crétine à souhait sur le dispensable "Lonesome Cowboy Burt".

La seconde partie de "The Torture Never Stops" démarre d'entrée par le solo de guitare culte de ce morceau fleuve de plus de dix minutes. L'instrumental se distend tout au long d'un jazz-rock précieux et inventif, de quoi mettre de côté du talent pour l'hiver. Le funk rock de "More Trouble Every Day" dissémine ses particules cuivrées bénéfiques et laisse sa place à "Penguin in Bondage" qui suit les tribulations d'un pingouin dans une soirée chaude. Jolie rencontre du blues et du rock, ce titre tient bien la route jusqu'au carrefour contemporain "The Eric Dolphy Memorial Barbecue" qui assemble un désordre apparent de manière savante et qui précède la reprise de Led Zeppelin, "Stairway to Heaven" dans un lifting jazz et reggae très agréable à l'écoute. Les arrangements de cuivres apportent une nouvelle couleur à la chanson et prennent d'ailleurs en charge le solo de Page note pour note d'une manière surprenante.

De très bonnes choses sur ce disque très varié qui mixe allègrement l'ensemble des influences et terrains de prédilection de Zappa. La seconde galette retiendra peut-être plus l'attention avec son lot de reprises connues à redécouvrir.