Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch (1982)



Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch frank zappa
  1. No,Not Now 5:50
  2. Valley Girl 4:49
  3. I Come from Nowhere 6:13
  4. Drowning Witch 12:03
  5. Envelopes 2:46
  6. Teen-Age Prostitute 2:43



Avec seulement 34 minutes de musique, "Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch" parait en 1982. Album où le chant est très présent et très travaillé, "Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch" est résolument tourné vers la dérision et l'humour, avec des influences très hard-rock en première partie cotoyant de la musique plus expérimentale dans la seconde.

La pochette est très sobre avec un bateau qui arrive par la gauche pour sauver la sorcière qui coule et dont on ne voit que le haut du chapeau à droite, situation évoquée en quelques traits et qui donne son titre au disque. Parmi les intervenants, citons Steve Vai, ou encore Moon Unit Zappa, la fille de Frank alors âgée de 14 ans qui dit un texte sur le titre "Valley Girl".

Guitare simili hard-rock, choeurs crétins, basse élastique, Zappa s'amuse avec ce premier titre "No, Not Now" au refrain contagieux.
"Valley Girl" tourne toujours dans cette dynamique hard-rock en laissant tout de même les guitares en arrière-plan. Moon Zappa dit son texte d'une voix étrangement adulte. La basse est ronronnante à souhait et participera au carton du morceau qui se classera en radio notamment à Los Angeles.

"I Come from Nowhere" sonne comme du Roxy Music première manière, jusqu'à la voix de Brian ferry reproduite à s'y méprendre qui tend parfois à ressembler à celle du chanteur Kent, l'ancien frontman de Starshooter.
Le titre pédale sur un fil heavy-metal, en devenant un peu bordélique à certains moments. Le solo de Vai est ahurissant mais la basse de Patrick O'Hearn n'est pas en reste non plus et devient volubile dès qu'on la titille un peu.

"Drowning Witch" est une boite surprise. Réputée injouable par le commun des mortels hormis avec des collages studios, cette grande pièce de 12 minutes est pourtant divulguée en public. Zappa y officie dans deux solos et on y retrouve un instrument de prédilection du grand moustachu barré, le vibraphone, exprimé par la voix d'un synthétiseur.
"Envelopes" est un modèle de musique contemporaine moderne, toujours aussi injouable, suivi de "Teen-Age Prostitute", live, grandiloquent, complètement barré, et d'une puissance de feu inégalable.

De beaux moments rock sur ce disque de Zappa, qui conserve une influence hard-rock presque continue et qui contient en plus un véritable joyau placé en plein milieu.

Un album à la belle musicalité qui évite les digressions trop expérimentales et qui du coup, se laisse écouter de manière très fluide.