Playground Psychotics (1992)



playground psychotics frank zappa

Disque 1

1 - Here Comes the Gear, Lads 1:00
2 - The Living Garbage Truck 1:20
3 - A Typical Sound Check 1:19
4 - This Is Neat 0:23
5 - The Motel Lobby 1:21
6 - Getting Stewed 0:55
7 - The Motel Room 0:29
8 - Don't Take Me Down 1:11
9 - The Dressing Room 0:24
10 - Learning "Penis Dimension" 2:02
11 - You There, with the Hard On ! 0:25
12 - Zanti Serenade 2:40
13 - Divan 1:46
14 - Sleeping in a Jar 1:30
15 - Don't Eat There 2:26
16 - Brixton Still Life 2:59
17 - Super Grease 1:39
18 - Wonderful Wino 4:52
19 - Sharleena 4:23
20 - Cruisin' for Burgers 2:53
21 - Diptheria Blues 6:19
22 - Well 4:43
23 - Say Please 0:57
24 - Aaawk 2:59
25 - Scumbag 5:53
26 - A Small Eternity with Yoko Ono 6:07

Disque 2

1 - Beer Shampoo 1:39
2 - Champagne Lecture 4:29
3 - Childish Perversions 1:31
4 - Playground Psychotics 1:08
5 - The Mudshark Interview 2:39
6 - There's No Lust in Jazz 0:55
7 - Botulism on the Hoof 0:47
8 - You Got Your Armies 0:10
9 - The Spew King 0:24
10 - I'm Doomed 0:25
11 - Status Back Baby 2:49
12 - The London Cab Tape 1:24
13 - Concentration Moon, Part One 1:20
14 - The Sanzini Brothers 1:33
15 - It's a Good Thing We Get Paid to Do This 2:45
16 - Concentration Moon, Part Two 2:04
17 - Mom & Dad 3:16
18 - Intro to Music for Low Budget Orchestra 1:32
19 - Billy the Mountain 30:25
20 - He's Watching Us 1:21
21 - If You're Not a Professional Actor 0:23
22 - He's Right 0:14
23 - Going for the Money 0:12
24 - Jeff Quits 1:33
25 - A Bunch of Adventures 0:56
26 - Martin Lickert's Story 0:39
27 - A Great Guy 0:30
28 - Bad Acting 0:10
29 - The Worst Reviews 0:20
30 - A Version of Himself 1:02
31 - I Could Be a Star Now 0:36

Voici une belle somme live réparties sur 2 CD parus en 1992, la paire étant intitulée "Playground Psychotics". On va retrouver sur ces deux rondelles des sessions live de Zappa and Co captées en 1971 à différents endroits (Fillmore East NYC ou Pauley Pavilion, UCLA, en Californie et encore au Rainbow Theatre de Londres en décembre).
Tout le gratin des musiciens de Zappa est là, de Georges Duke à Aynsley Dunbar en passant par Ian Underwood.

Mais décryptons déjà les premiers titres du premier CD, la première dizaine ne contenant que des bribes d'une petite minute ou d'une poignée de secondes.
"Here Comes the Gear, Lads" nous donne l'occasion de suivre les pérégrinations d'avant concert avec l'atterrissage de l'avion de Zappa puis son arrivée à l'aéroport ("The Living Garbage Truck"). Après avoir participé à la balance sur "A Typical Sound Check", nous suivons quelques échanges verbaux sur "This Is Neat" et sur "The Motel Lobby" sur fond de machines à écrire puis "Getting Stewed" sur fond de déconnade. Un petit pipi dans "The Motel Room" puis une balade dans la rue sur "Don't Take Me Down".

Zappa fait un peu l'andouille pendant qu'il se change dans "The Dressing Room", puis donne un cours sur la longueur optimale que doit posséder un zizi digne de ce nom sur "Learning "Penis Dimension"". A ce stade du disque et après déjà 10 plages, aucune note de musique n'a encore été jouée.

Premier contact avec le public sur "You There, with the Hard On !" puis enfin un premier titre, "Zanti Serenade", collection de "blips" de "tzong" divulgués par une guitare écorchée vive. Après s'être vautré sur "Divan", un court titre rempli de folie, nous avons droit à "Sleeping in a Jar" sur une pop frénétique qui fait du bien.

"Don't Eat There" cultive l'attente mais ne contient encore une fois que très peu de musique au profit d'une conversation captée sur le vif. Premier véritable morceau de cette première galette "Brixton Still Life" flirte avec le blues dans un bel élan collégial qui fait plaisir à entendre. Pur délire Zappaien, "Super Grease" donne dans le grand n'importe quoi puis le très sympa "Wonderful Wino" mélange de blues et de pop allègrement brassés. Très bel exercice seventies avec "Sharleena" dont l'ambiance rythm' blues est doucement réchauffée par un orgue scintillant. Retour des choeurs crétins sur le très hésitant "Cruisin' for Burgers" puis "Diptheria Blues", qui reste en mode roots, entre harmonica et percussions minimalistes.

"Well" creuse un blues presque normal en retenant en permanence ses tendances hystériques que l'on sent poindre à tout moment. Quelques cris/aboiements sur "Say Please" puis une série de reprises de Mc Cartney/Ono nous ait offerte : "Aaawk" pour commencer avec une belle ambiance rythmn' blues puis "Scumbag"qui sert à faire chanter le public en maintenant la pression à vive allure.
"A Small Eternity with Yoko Ono" est un long couinement de la compagne de John lennon sur fond bruitiste et referme ce premier tome avec un public un peu trop enthousiasmé par cette performance qui n'en est pas une.

Après quelques éclaboussures de bière sur la blague de potache "Beer Shampoo", Zappa nous gratifie de l'un de ses discours destiné à faire rire son public aussi bien sur scène que dans la salle avec "Champagne Lecture". Pas de musique pour "Childish Perversions", "Playground Psychotics" mais juste un échange de propos difficiles à cerner.

Une interview pour en savoir plus sur les requins avec "The Mudshark Interview" puis une poignée de titres de quelques secondes, façon échantillon, mais dépourvus de musique : "There's No Lust in Jazz", "Botulism on the Hoof", "You Got Your Armies", "The Spew King", et "I'm Doomed" suivent Zappa en tournée, en studio avec ses musiciens et proches.

La musique arrive enfin avec "Status Back Baby", un morceau fifties très sympathique. Retour aux conversations avec celle captée dans un taxi Londonien sur "The London Cab Tape", puis la première partie de "Concentration Moon", un morceau mi figue mi-raison, flirtant avec les fifties si prisées par Zappa. Un peu de cirque avec "The Sanzini Brothers" puis "It's a Good Thing We Get Paid to Do This", une conversation animée entre musiciens ponctuée de rires inextinguibles.

Suite de "Concentration Moon" avec une partie aussi fifties sinon plus que la première suivi de "Mom & Dad" un blues gothique très lent joué comme un Wishbone Ash au bord de l'épuisement. Légère introduction à la clarinette avec "Intro to Music for Low Budget Orchestra" puis la grande pièce baroque qui culmine à plus de trente minutes, "Billy the Mountain". Ce morceau-fleuve prend des couleurs d'opéra-rock. Très bavard, il laisse peu de place à de belles envolées instrumentales. Cependant, à 8 minutes de la fin, le morceau prend son envol avec un clavier qui va mouliner pendant quelques minutes avant de revenir sur l'opéra rock remplit d'échanges verbeux. Ce grand titre précède une volée de petites choses, en général calées sur moins d'une minute.

Déconnades sur "He's Watching Us", interview sur "If You're Not a Professional Actor", discussions sur "He's Right" et "Going for the Money", conciliabule sur "Jeff Quits". Ca continue avec "A Bunch of Adventures" puis encore " Martin Lickert's Story", 30 secondes de "A Great Guy", une dizaine de secondes de "Bad Acting".
Pour finir, "The Worst Reviews", "A Version of Himself", puis enfin "I Could Be a Star Now".

Une fois enlevé les parties parlées, il ne reste pas grand-chose en terme de musique à se mettre sous la dent. Du coup, l'univers de Frank Zappa ne se ressent pas, surtout si on manie difficilement l'anglais. Un double album bizarre, destiné au fan vraiment averti.