One Shot Deal (2008)



one shot deal Frank Zappa

1 - Bathtub Man 5:44
2 - Space Boogers 1:24
3 - Hermitages 2:00
4 - Trudgin' Accross The Tundra 4:01
5 - Occam's Razor 9:11
6 - Heidelberg 4:46
7 - The Illinois Enema Bandit 9:27
8 - Australian Yellow Snow 12:26
9 - Rollo 2:57

"One shot deal" parait en 2008. Il s'agit d'un des nombreux albums posthumes de Frank Zappa où peuvent être compilés des morceaux d'un peu toutes les époques. Les neuf titres présents sur cette galette d'un peu moins d'une heure ont été enregistrés entre 1972 et 1981.

Au générique du disque, on retrouve les grands noms qui ont jalonnés l'existence de Zappa et qui l'ont accompagnés sur plusieurs albums : George Duke, Chester Thompson, Peter Wolf, Adrian Belew, Steve Vai ou encore Jean-Luc Ponty.

Superbe blues pour commencer avec "Bathtub Man" et presque six minutes de passes d'armes entre Zappa et le reste des musiciens.
Le titre garde l'héritage de la pop des seventies et sonne délicieusement kitsch.

Court intermède foutraque avec "Space Boogers" et ses "blips" de guitare puis "Hermitages" égrenne ses percussions dans un mouvement giratoire constitué de vagues et de poussées d'air le tout dans une ambiance de musique contemporaine sinistre.

Avec une trompette en totale liberté, instrument peu commun dans la discographie du Zappa, "Trudgin' Accross The Tundra" capté en live prend des tournures jazz volontaires sur couleur noire et blanche. Bel exercice raffiné à consommer avec délice.

Long solo du Zappa, "Occam's Razor" occupe un peu tous les terrains, du jazz-rock au blues en passant par la pop. Ce titre bénéficie de la technique d'enregistrement mis au point par Zappa, la xenochronie, qui consiste à prendre un morceau de musique et à l'intégrer dans un autre.

L'équilibre précaire dans cette subtile alchimie doit pouvoir créer une ambiance particulière, sauf que dans le cas présent, tout est transparent pour l'auditeur qui ne peut rien déceler à l'écoute.

A nouveau un exercice guitaristique avec "Heidelberg" qui ne prend son véritable envol qu'au bout de 3 minutes et qui s'achève brutalement.

Le long blues de "The Illinois Enema Bandit" explore tous les recoins du style avec un duo guitare/voix épaulé par un long solo de guitare au son très expressif. Le temps imparti pour ce titre capté en live permet d'étaler chaque nuance en détail pour une écoute très agréable.

Très ambitieux et en concert aussi, "Australian Yellow Snow" explore un peu toutes les voies, du jazz au blues, avec un Zappa qui psalmodie au milieu des choristes et qui raconte des trucs pour faire rire le public. Le final, ouaté et intimiste semble ne pas vouloir se terminer.

On lâche tout sur le dernier titre, "Rollo", où les cuivres sont à la fête dans un cortège tonitruant qui rappelle les belles pages sonores des films policiers américains des années 60 ou 70.

Un disque très éclectique qui ravira tous les publics. La musique y est abordable et la sélection rigoureuse.
A mettre entre toutes les mains.