Burnt Weeny Sandwich (1969)



Burnt Weeny Sandwich Frank Zappa

1 - WPLJ 2:52
2 - Igor's Boogie, Phase One 0:37
3 - Overture To A Holiday In Berlin 1:27
4 - Theme From Burnt Weeny Sandwich 4:32
5 - Igor's Boogie, Phase Two 0:37
6 - Holiday In Berlin, Full Blown 6:23
7 - Aybe Sea 2:46
8 - Little House I Used To Live In 18:46
9 - Valarie 3:16

Encore un disque atypique dans la discographie, qui ne l'est pas moins, du grand Frank Zappa. Toujours flanqué de ses Mothers, le moustachu nous gratifie d'un album de neuf titres d'où émerge une plage de près de 19 minutes constituant à elle seule la moitié de la rondelle.

Sous la belle pochette de "Burnt Weeny Sandwich" se cache un assortiment homogène de morceaux en studio ou en live couvrant une bonne partie des influences Zappaïenne, du doo-woop à la musique contemporaine en passant par le jazz dans tout ce qu'il a de plus libre.

L'album s'ouvre et se referme avec deux reprises doo-woop, la première empruntée aux "Four Deuces" et la seconde à Jackie And The Starlites.

Ambiance de la plage avec "WPLJ " qui ouvre cet album sur un doo-woop estival. Court hommage non feint à Stravinsky avec une clarinette au parfum printanier sur "Igor's Boogie, Phase One", à compléter un peu plus loin dans le disque.

Musique de kiosque ou de boite à musique hantée, "Overture To A Holiday In Berlin" goguenardise le propos sur des images en noir et blanc glaçantes pour une minute et demi d'un cauchemar personnel. "Theme From Burnt Weeny Sandwich" tangue et hésite, comme une intro qui n'en finit pas. Pourtant, cet instrumental se vaporise tranquillement, dans une myriade de percussions fragiles. Seconde partie de l'hommage à Stravinsky pour "Igor's Boogie, Phase Two" avec la clarinette cette fois-ci en mode contemporain pour une durée exactement équivalente à la première partie.

"Holiday In Berlin, Full Blown" est un jazz instrumental cuivré joué sous un kiosque qui distille une atmosphère d'insouciance et de douceur de vivre agréable à l'écoute. Zappa prend le relais des cuivres et clarinettes en offrant une partie guitaristique à la pédale wah-wah sensible.
Beau morceau jazz qui bénéficie en plus d'une durée confortable.
Avec un joli jeu de mots à la clé, "Aybe Sea" se rapproche d'une pièce classique avec un piano conducteur soutenant une guitare acoustique. Très beau morceau instrumental qui cultive autant l'inquiétude que la sérénité.

Accueil avec un piano-bar sur "Little House I Used To Live In" qui laisse sa place à un jazz-rock échevelé. Le violon entre en action pour délivrer un message jazz rapide et concis puis se perd dans sa course pour laisser sa place au piano. Ce dernier se fera doubler dans la descente chromatique par un violon qui souhaite revenir sur le devant de la scène.

La suite et la fin sont plus compliquées, avec une alternance des instruments prédominants qui amène un final urgent pour mettre un terme à ces presque 19 minutes de libation offerte aux dieux du jazz, dont certains jouent avec Zappa.
Petite balade fifties avec "Valarie" pour clôturer cet effort.

Des choses anodines entourées de cette grande pièce majeure "Little House I Used To Live In" qui justifie amplement l'achat de ce disque.
Comme toujours, Zappa mélange un peu tout mais s'en sort avec les honneurs en placant un grand morceau pour la postérité, dont on parle encore aujourd'hui.
La preuve.