Bongo Fury (1975)



bongo fury frank zappa

1 - Debra Kadabra [live] 3:54
2 - Carolina Hard-Core Ecstasy [live] 5:59
3 - Sam With the Showing Scalp Flat Top [live] II 2:51
4 - Poofter's Froth Wyoming Plans Ahead [live] 3:03
5 - 200 Years Old 4:32
6 - Cucamonga 2:24
7 - Advance Romance [live] 11:17
8 - Man With the Woman Head [live] 1:28
9 - Muffin Man [live] 5:34

20ème album de Frank Zappa paru en 1975 "Bongo Fury" est le théâtre d'une véritable opération de chaises musicales. Tout d'abord, ce sont les retrouvailles avec Captain Beefheart après quelques années de fâcheries. Cependant, nous n'assisterons pas à un mélange des genres. Chaque morceau est empreint de l'influence de l'un ou de l'autre musicien mais jamais d'une fusion des deux.

C'est également la dernière apparition de Chester Thompson qui va aller poser ses fûts chez Weather Report avant d'aller taper aux côtés de Phil Collins chez Genesis, et qui sera remplacé sur les albums suivants par Terry Bozzio.
Notons (comme Amélie...allez...elle est pour moi celle-là) aussi un Georges Duke qui n'apprécie pas vraiment la nouvelle direction musicale prise par Zappa et qui va dès lors espacer ses interventions aux côtés du moustachu.

"Bongo Fury" est un mélange de morceaux studios et live relativement inégaux, avec le pire qui côtoie le meilleur.

Le track-title "Debra Kadabra" commence sur un blues pour poursuivre sur une fanfare déglinguée. Captain Beefheart fait assaut d'attaques vocales gutturales avant de reprendre une direction un peu plus conventionnelle.
Cette entrée en matière est là pour secouer l'auditoire et remplit complètement sa mission.

"Carolina Hard-Core Ecstasy" a du mal à séduire : trop long, trop monotone, la chanson se traine jusqu'au solo de six cordes qui n'intervient qu'à la 4ème minute, donnant un peu de couleur à ce morceau plutôt gris.
Toujours en mode live, "Sam With the Showing Scalp Flat Top" est surtout l'occasion de collages de bouts sonores pour de la musique expérimentale qui se trouve une raison d'être blues en fin de parcours.
Un peu de country de saloon avec " Poofter's Froth Wyoming Plans Ahead" plutôt dans l'esprit et peu déjanté, puis "200 Years Old" cerne un blues tout ce qu'il y a de plus traditionnel.

"Cucamonga" révèle une option jazzy sur une toile de fond plus expérimentale, mais déjà, la pièce maitresse du disque arrive : les onze minutes de "Advance Romance". Entre attaques vocales, descente de toms batteries à l'arraché et solis du Zappa en grande forme, cette longue impro prend des couleurs blues rehaussées par les titillements de l'harmonica qui renforce la chaleur du propos.
Sur fond de jazz-rock déglingué nous est conté la courte histoire de "Man With the Woman Head". Les mugissements du saxophone laissent la place au dernier titre, "Muffin Man" très agréable avec son beau solo de guitare et qui referme ce disque sur une note rock.

"Bongo Fury" n'est pas un album qui fit date dans la discographie du Zappa. Il recèle néanmoins quelques jolis moments à l'intérieur desquels, le talent de Zappa pointe le bout de son nez.
A écouter tout de même pour avoir une corde de plus à accrocher à l'arc Zappa.