Absolutely Free (1967)



Absolutely Free Frank Zappa

1 - Plastic People 3:42
2 - The Duke of Prunes 1:43
3 - Amnesia Vivace 0:56
4 - The Duke Regains His Chops 1:42
5 - Call Any Vegetable 2:20
6 - Invocation and Ritual Dance of the Young Pumpkin 6:45
7 - Soft-Sell Conclusion 1:24
8 - Big Leg Emma 2:14
9 - Why Don'tcha Do Me Right ? 2:37
10 - America Drinks 1:53
11 - Status Back Baby 2:54
12 - Uncle Bernie's Farm 2:11
13 - Son of Suzy Creamcheese 1:34
14 - Brown Shoes Don't Make It 7:30
15 - America Drinks and Goes Home 2:45

Après le succès inattendu de Freak Out ! (1966), Zappa et ses Mothers reviennent en studio 5 mois seulement après la sortie d'un premier disque qui n'avait rien de commercial. Contre toute attente, la musique de Zappa plait, ou tout au moins interpelle.

"Absolutely free" propose 15 titres autour desquels la cohésion du groupe va se renforcer avec de nouveaux arrivants (Don Preston aux claviers, Jim Sherwood au saxophone, Bunk Gardner aux cuivres et Billy Mundi à la batterie). La maison de disque, qui devrait pourtant être rassurée sur le potentiel du groupe, n'accorde que la moitié du budget alloué sur Freak Out ! pour accoucher de "Absolutely free". Les grosses influences pop du premier opus s'effacent plus ou moins ici avec déjà une direction orchestrale beaucoup plus avant-gardiste, notamment due aux nouveaux musiciens intégrés et issus du jazz.

"Plastic People" met les choses au point d'entrée de jeu, avec un discours corrosif sur l'acceptation et la résignation de ces humains de la fin des années 60.
"The Duke of Prunes", court moment qui démarre sur un air triste et désabusé, suivi de "Amnesia Vivace" innovent dans l'urgence avec une fébrilité qui met les nerfs à vif. La pop revient comme un souffle frais dans "The Duke Regains His Chops" puis "Call Any Vegetable" est un appel à une consommation de légumes de toutes sortes que Zappa encourage à nommer et à appeler. En un attelage loufoque et à priori désordonné, Zappa continue de fustiger le monde dans un déluge d'ironie que souvent, il est le seul à maitriser.

Jolie pièce pop/jazz "Invocation and Ritual Dance of the Young Pumpkin" offre enfin du consistant avec un titre instrumental de près de 7 minutes.
Avec quelques cuivres dissonants, Zappa fabrique "Soft-Sell Conclusion" au dénouement haletant. "Big Leg Emma" et "Why Don'tcha Do Me Right ?" ont été rajouté sur la réédition version CD mais ne figuraient pas sur le track-listing de l'album original. L'un blues et l'autre rock dénotent effectivement plus ou moins par rapport au reste.

"America Drinks" se heurte à une fin pétaradante où l'on croit discerner des éléments empruntés au répertoire classique. "Status Back Baby " reprend le thème de "Petroushka" de Stravinski serpentant le long d'une pop fouillie mais contrôlée.

"Uncle Bernie's Farm" s'offre un nouveau moment de pop chatouilleuse et "Son of Suzy Creamcheese" accélère le mouvement pour en découdre sur moins de deux minutes. Seconde grosse pièce du disque "Brown Shoes Don't Make It" est difficile d'accès avec des changements d'orientation incessants. Le titre se révèle pourtant très souvent épique et grandiose.

"America Drinks and Goes Home" conclue l'affaire en forme de fin de cocktail jazz où le crooner Frank Zappa prend congé de façon élégante.

Moins pop que son prédécesseur, "Absolutely free" en rajoute une couche dans l'absurde avec un discours de plus en plus caustique. Cet album se vendra mieux que "Freak Out !" et les références à la musique contemporaine et classique se font plus sentir aussi.

Un second disque au titre prophétique avec un Zappa qui se débride lentement mais sûrement.